Bonjour,
On lit souvent que, au moins pour les textes imprimés, les polices serif
(avec empattements) sont plus lisibles que les polices sans serif pour
des textes longs (romans, rapports, etc.) avec l’explication que les
empattements aident l’œil à mieux suivre les lignes.
Que pensez-vous de l’étude suivante ?
https://library.oapen.org/handle/20.500.12657/53344?show=full
Le PDF complet est téléchargeable en bas de la page… désolé, c’est en
anglais.
Cordialement,
Paul Gaborit
Le 28/03/2026 à 08:30, Paul Gaborit a écrit :
Bonjour,
On lit souvent que, au moins pour les textes imprimés, les polices
serif (avec empattements) sont plus lisibles que les polices sans
serif pour des textes longs (romans, rapports, etc.) avec
l’explication que les empattements aident l’œil à mieux suivre les
lignes.
Que pensez-vous de l’étude suivante ?
https://library.oapen.org/handle/20.500.12657/53344?show=full
Le PDF complet est téléchargeable en bas de la page… désolé, c’est
en anglais.
Cordialement,
Bonjour,
J’essaierai de le lire.
En attendant, je constate que cela va à l’opposé de ce qui est préconisé
pour les dyslexiques (notamment les jeunes, à l’école).
Alors que l’on revient sur les polices spéciales dys, il est maintenant
conseillé les polices sans serif. Et une des raisons, est notamment pour
leur permettre de mieux suivre les retours à la ligne.
A première vue, cela pourrait se lire comme assez différent de ce que
vous écrivez. Après, en conclusion souvent il est rappelé d’essayer, et
d’utiliser ce qui fonctionne en pratique pour chaque cas particulier.
Bon, cela n’aide guère à faire son choix…
Bon samanche, Fabien
Bonjour,
Merci de partager ce livre avec nous, j’ai commencé à le lire avec grand
intérêt ! C’est une synthèse fort intéressante des études empiriques
sur la question qu’il traite, et c’est la première fois que je vois
des références à la littérature scientifique à ce sujet : jusque-là, je
n’ai eu connaissance que de guides pratiques pour les enseignants qui
n’indiquaient jamais sur quoi on se base pour affirmer qu’il faut des
fontes sans empattement (dans le meilleur des cas : souvent c’est
plutôt « Arial ou Verdana »). L’ouvrage déplore d’ailleurs à plusieurs
reprises les idées que l’on voit partout et qui s’appuient
essentiellement sur des arguments de bon sens ou le « tout le monde sait
ça », qu’elles soient en faveur ou non des empattements. Il indique
aussi quelles autres variables sont à prendre en compte et comment.
En cherchant des comptes rendus en ligne, je suis tombé sur ce résumé
d’un mémoire de 2012 qui était également une revue de la littérature
scientifique sur les empattements en 2012. Manifestement, les mêmes
conclusions s’imposaient déjà à l’époque :
Après, peut-être les deux auteurs se trompent-ils ou n’ont-ils pas lu
les bonnes études : charge à ceux qui défendent une autre position de
l’étayer.
Bref, tout ça pour vous remercier du partage.
Bon dimanche,
Bastien Dumont
Bonsoir, Paul,
Merci pour ce lien, même si je n’ai pas le temps de lire tout cela
actuellement. De manière très étayée, ce texte semble tout de même
confirmer ce que j’avais lu à droite, à gauche en français, à savoir que
la présence ou l’absence d’empattements n’affecte pas vraiment la
lisibilité d’un caractère, et que celle-ci dépend notamment des
habitudes de lecture.
J’espère avoir prochainement le temps de me pencher plus sérieusement
sur cette somme.
Cordialement,
Thomas Savary
Le 29 mars 2026 à 00:31, Bastien Dumont a écrit :
c’est la première fois que je vois
des références à la littérature scientifique à ce sujet :
Charles Bigelow (abondamment cité dans ce livre de Richardson) a écrit un chapitre, en français, sur le sujet; avec beaucoup de références biblio.
« Lisibilité et typographie: les recherches durant la première moitié du XXe siècle », Histoire de l’écriture typographique, le XXe siècle, Atelier Perrousseaux, 2016, tome I, p. 194-213
Il y a un extraits ici : Histoire de l'écriture typographique - Le XXe siècle I/II, Jacques André, Atelier Perrousseaux
Jacques ANDRE
Bonjour et merci pour le lien et surtout votre analyse.
Je n’ai pas d’action chez les serif ou chez les sans, aussi je me limite
à quelques remarques
-
Ce n’est pas le web qui a promu le sans-serif dans les années 90,
mais la définition des écrans. Avec du 72 dpi, on évite les
empattements, surtout en corps 10.
Après, effectivement, l’essor de la lecture en ligne suite au web a
favorisé cette tendance.
(et c’est bien parce que nous avons maintenant des écrans à 200 ou 300
dpi que nous osons le retour aux empattements en ligne).
-
Il y a une dynamique historique tout à fait respectable avec l’essor
des Futura, Helvetica etc. et les travaux de Frutiger et consorts.
Aujourd’hui, les polices sans empattement sont aussi très belles.
-
Quand Frutiger doit créer une typo pour l’aéroport CdG, il choisit
une police sans empattement.
Son idée était que cette police était plus lisible à 300 mètres. Mais
peut-être prolongeait-il simplement la route qui avait fait sa renommée…
Je crois que le design des polices, c’est comme celui des voitures.
Parfois on aime les rondeurs, d’autres fois les formes anguleuses. Du
coup, il est aussi possible que le sérif historique (Jenson, Garamont
etc.) soit aussi une obligation pour nos orfèvres experts ès
méttallurgie: prouver leur compétence micro millimétrique.
Bien cordialement
Eric