Question peut-être discutable

Bonsoir,

Voilà ma question, dont la mention sur cette liste peut être contestée,
j’en conviens, mais aussi c’est ici que je risque de trouver les gens
susceptibles d’avoir de bonnes réponses.

Je dois conseiller un logiciel à quelqu’un qui souhaite écrire un livre.
Du texte, éventuellement des illustrations ou graphiques, pas de maths.
Voici à quoi je pense :

  • Word et ses clones : trop moche, c’est ce que je cherche à écarter ;
  • LaTeX : courbe d’apprentissage hors de portée ;
  • Scribus : bien trop compliqué, pour des choses dont l’intéressée n’a
    aucun usage ;
  • reste AsciiDoctor → PDF.

Voyez-vous autre chose ?

Bonne auto-quarantaine !


Laurent Bloch - https://www.laurentbloch.net - xyz@xyz.tld
Si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance !
(A. Lincoln)

Si vous fournissez un bon template, LaTeX reste très simple d’emploi.
Surtout pour un document qui paraît simple.

Sinon Markdown peut faire le travail avec une sortie pdf via LaTeX
(invisible). Mais le placement des figures est parfois surprenant.

Les deux solutions peuvent se mélanger : un en-tête LaTeX préfait dans
un document Markdown. C’est ce que j’utilise au quotidien.

Dr Philippe MICHEL

Le 18/03/2020 à 23:11, Laurent Bloch a écrit :

Bonsoir,

Voilà ma question, dont la mention sur cette liste peut être contestée,
j’en conviens, mais aussi c’est ici que je risque de trouver les gens
susceptibles d’avoir de bonnes réponses.

Je dois conseiller un logiciel à quelqu’un qui souhaite écrire un livre.
Du texte, éventuellement des illustrations ou graphiques, pas de maths.
Voici à quoi je pense :

  • Word et ses clones : trop moche, c’est ce que je cherche à écarter ;
  • LaTeX : courbe d’apprentissage hors de portée ;
  • Scribus : bien trop compliqué, pour des choses dont l’intéressée n’a
    aucun usage ;
  • reste AsciiDoctor → PDF.

Voyez-vous autre chose ?

Bonne auto-quarantaine !

Bonsoir, entre Word et LaTeX, vous avez LyX, qui permet d’obtenir une sortie avec le moteur PDFLaTeX, tout en disposant d’une interface vaguement « à la Word », ce qui peut rassurer l’utilisateur concerné. Néanmoins, serait-ce accessible au niveau de compréhension de l’utilisateur en question ? L’ajout d’image ne se fait pas complètement « à la souris ». Et si la personne veut personnaliser l’aspect de la sortie (police de caractère employé, aspect de la titraille …), elle devra mettre la main au cambouis (certains réglages comme la police et la langue principale du document sont toutefois accessibles en mode WYSIWYG), à moins qu’un tiers se charge de lui faire un modèle personnalisé, et qu’elle se contente de produire le contenu textuel. Le logiciel permet le travail collaboratif, si cela est d’une quelconque utilité.

Il se peut que ma suggestion soit totalement inadaptée à la personne en question, tout dépend de l’effort qu’elle est prête à fournir. Il se peut aussi que certaines personnes considèrent que, quitte à lui présenter LyX, autant lui présenter directement les commandes LaTeX, d’autant qu’elle devra au préalable installer une distribution LaTeX (si la personne est sur Mac, ça se fait en deux trois clics avec MacTeX, pour les autres plateformes je ne sais pas).

Le 18 mars 2020 à 23:11, Laurent Bloch xyz@xyz.tld a écrit :

Bonsoir,

Voilà ma question, dont la mention sur cette liste peut être contestée,
j’en conviens, mais aussi c’est ici que je risque de trouver les gens
susceptibles d’avoir de bonnes réponses.

Je dois conseiller un logiciel à quelqu’un qui souhaite écrire un livre.
Du texte, éventuellement des illustrations ou graphiques, pas de maths.
Voici à quoi je pense :

  • Word et ses clones : trop moche, c’est ce que je cherche à écarter ;
  • LaTeX : courbe d’apprentissage hors de portée ;
  • Scribus : bien trop compliqué, pour des choses dont l’intéressée n’a
    aucun usage ;
  • reste AsciiDoctor → PDF.

Voyez-vous autre chose ?

Bonne auto-quarantaine !


Laurent Bloch - https://www.laurentbloch.net - xyz@xyz.tld
Si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance !
(A. Lincoln)

Bonjour, Laurent,
Bonjour, la liste,

À la différence de beaucoup de latexiens, je considère pour ma part que LaTeX,
en dehors de la rédaction de textes scientifiques, n’est pas vraiment un bon
outil pour l’écriture.

Ne serait-ce la présence de graphiques (les illustrations classiques n’étant
pas un problème), je conseillerais sans hésiter l’un ou l’autre des logiciels
de traitement de texte. On peut dire ce qu’on veut, ce sont les outils à la
fois les plus commodes et les plus performants pour écrire du texte. Bien sûr
que le résultat est moche, mais là n’est pas le propos, puisque la question
porte, si j’ai bien compris, sur l’écriture du livre et non sur sa mise en
pages. Je ne comprends donc pas pourquoi vouloir les éviter.

Un traitement de texte moderne permet comme Latex ou HTML-CSS de dissocier le
fond de la forme et de structurer les documents, d’y naviguer aisément.
Writer, de son côté, propose l’extension Grammalecte, qui assurera avec son
formateur de texte un bon respect des usages typographiques, aidera à la
rédaction en proposant un bien meilleur correcteur orthographique que celui de
base et en signalant les répétitions à l’intérieur d’un alinéa ou d’une
phrase. Surtout, Writer et Word s’interfacent très bien avec de précieux
logiciels d’aide à la rédaction comme Antidote ou Prolexis (correcteur
informatique performant, dictionnaires [définitions, synonymes, antonymes,
cooccurrences], guides linguistiques, etc.).

Writer et Word gèrent aussi les références croisées — mal ou bien, je
l’ignore, par contre. Et je ne sais pas non plus que ces références croisées
donneront à l’export en Latex ou vers Indesign… À tester !

Le format ODT s’exporte très bien en LaTeX (Writer2latex, Pandoc) ou vers
Scribus (que je déconseille, parce que pour le coup le livre produit sera
vraiment moche, le compositeur de Scribus ne valant pas beaucoup mieux que
celui des traitements de texte). Indesign, quant à lui, est censé importer
correctement le format DOCX (en pratique, l’importation des notes a l’air de
poser problème).

Même si ce qu’affiche un traitement de texte WYSIWYG n’est pas très jojo, c’est
toujours nettement plus plaisant à l’œil qu’un affreux code source dans un
simple éditeur de texte. Une certaine qualité esthétique, fût-elle très
relative, est pour moi fort appréciable durant le processus d’écriture : qui
aurait envie d’écrire ses mémoires dans un bloc-notes ? Peu de gens, je crois.

Le principal point noir, dans le contexte décrit, ce sont à mon sens les
graphiques. S’il s’agit de représentations de données, les suites bureautiques
peuvent s’en tirer dans une certaine mesure, mais cela n’aide en rien le
logiciel de PAO utilisé derrière. L’export du graphique sous la forme d’une
image matricielle donnera un résultat décevant. Même en utilisant les polices
du texte courant, il faut prévoir des différences de rendu entre ce dernier et
le graphique. Bref, cela ne fera pas très pro. Ici, rien ne remplace la
(re)création des graphiques par le logiciel de PAO. Cela dit, ce n’est pas a
priori le problème de l’auteur du livre, mais du maquettiste/typographe.

Mais peut-être ce dernier ne fait-il qu’un avec l’auteur. Dans ce cas, eh bien
le résultat sera moche de toute façon, quels que soient les programmes
utilisés, à moins que cette personne soit un amateur éclairé de typographie.
Même le meilleur outil du monde, entre des mains inexpérimentées, ne fera pas
de miracle.

En conclusion, je dirai qu’il y a des professionnels pour cela. Pas forcément
très chers, d’ailleurs.

Cordialement,

Thomas Savary
1 le Grand-Plessis
F-85340 L’Île-d’Olonne
Tél. Tél. masqué

mercredi 18 mars 2020, à 23:11:36 CET, Laurent Bloch a écrit :

Bonsoir,

Voilà ma question, dont la mention sur cette liste peut être contestée,
j’en conviens, mais aussi c’est ici que je risque de trouver les gens
susceptibles d’avoir de bonnes réponses.

Je dois conseiller un logiciel à quelqu’un qui souhaite écrire un livre.
Du texte, éventuellement des illustrations ou graphiques, pas de maths.
Voici à quoi je pense :

  • Word et ses clones : trop moche, c’est ce que je cherche à écarter ;
  • LaTeX : courbe d’apprentissage hors de portée ;
  • Scribus : bien trop compliqué, pour des choses dont l’intéressée n’a
    aucun usage ;
  • reste AsciiDoctor → PDF.

Voyez-vous autre chose ?

Bonne auto-quarantaine !

On Wed, 18 Mar 2020 23:11:36 +0100
Laurent Bloch xyz@xyz.tld wrote:

Bonsoir,

Voilà ma question, dont la mention sur cette liste peut être
contestée, j’en conviens, mais aussi c’est ici que je risque de
trouver les gens susceptibles d’avoir de bonnes réponses.

Je dois conseiller un logiciel à quelqu’un qui souhaite écrire un
livre. Du texte, éventuellement des illustrations ou graphiques, pas
de maths. Voici à quoi je pense :
[…]

et aussi restructuredtext

Voyez-vous autre chose ?

Bonne auto-quarantaine !

rb

écrire du rst permet de nombreuses «conversions»

rst2html (1) - convert reST documents to XHTML
rst2latex (1) - convert reST documents to LaTeX
rst2man (1) - generate unix manpages from reStructured text
rst2odt (1) - convert reST documents to OpenDocument text (ODT)
rst2odt_prepstyles (1) - strip paper size specifications off of rst2odt
style… rst2pdf (1) - Convert reStructuredText documents to
PDF rst2pseudoxml (1) - convert reST documents to pseudo-XML
rst2s5 (1) - convert reST documents to S5 slides
rst2xetex (1) - convert reST documents to XeLaTeX
rst2xml (1) - convert reST documents to XML

r.bastian
www.pythoneon.org

Bonjour à toutes et à tous

Comme ce débat me semble crucial, je vous fais part d’une documentation
personnelle (en fait un extrait d’ouvrage en cours), qui me semble
régler simplement les questions de mise en page (en-tête, pied de page,
taille de l’ouvrage) que peuvent se poser un(/e) auteur ou éditeur peu
familier de l’informatique.

C’est ici:
barthes.enssib.fr/cours/informatique-pour-litteraires/MenP-LaTeX-EG.pdf

Ca fait 14 pages et 800 Ko, je pose au début diverses questions de/pour
littéraires et philosophes, je propose des solutions, j’essaie d’être
pédagogue, les exemples concrets arrivent p. 5 (donc p. 49 dans le pdf),
je montre comment détourner LaTeX à des fins créatives, j’applique à
fond la logique essai/erreur, je crois rendre confortable l’usage de
fancyhdr, tout est réplicable. J’essaie aussi de préciser ce qui, dans
nos questions éditoriales, relève et ne relève pas de LaTeX.

Bien sûr, il n’y a pas l’introduction à LaTeX pour néophytes (elle est
avant). Et il y a certainement encore plein de fautes/défauts.

Mais je lirais avec plaisir votre avis et vos critiques sur ce travail.
J’ai fini ce chapitre il y a quelques minutes…

La chose est encore un peu secrète, réservée aux membres de la liste
Gut. Merci de ne pas (trop) diffuser l’URL

Bien amicalement

Eric

PS: ma réponse à Laurent est donc: LaTeX + texstudio

Le 18/03/2020 à 23:11, Laurent Bloch a écrit :

Bonsoir,

Voilà ma question, dont la mention sur cette liste peut être contestée,
j’en conviens, mais aussi c’est ici que je risque de trouver les gens
susceptibles d’avoir de bonnes réponses.

Je dois conseiller un logiciel à quelqu’un qui souhaite écrire un livre.
Du texte, éventuellement des illustrations ou graphiques, pas de maths.
Voici à quoi je pense :

  • Word et ses clones : trop moche, c’est ce que je cherche à écarter ;
  • LaTeX : courbe d’apprentissage hors de portée ;
  • Scribus : bien trop compliqué, pour des choses dont l’intéressée n’a
    aucun usage ;
  • reste AsciiDoctor → PDF.

Voyez-vous autre chose ?

Bonne auto-quarantaine !

Le Wed, 18 Mar 2020 23:20:53 +0100,
Philippe MICHEL xyz@xyz.tld a crit :

Si vous fournissez un bon template, LaTeX reste trs simple d’emploi.
Surtout pour un document qui parat simple.

Je suis tout fait d’accord avec cet avis.

S’il suffit de d’expliquer \textit{} et \section{}, puis de reprendre
soi-mme le prambule et quelques figures, LaTeX est l’outil qui
permettra de partir du plus bas pour le meilleur rendu.
a fait qu’au final, l’auteur aura d passer une demi-heure
apprhender les concepts, et le metteur en page quelques heures
tout fignoler.

J’ai dj fait cette exprience. Au bouquin suivant, l’auteur, mme
s’il n’a pas rutilis LaTeX ( outil de potache , suivant son
expression), a gard la mme exigence de qualit finale et a demand
l’diteur de faire faire la mise en page par un professionnel (et
ses propres outils, genre inDesign).
C’est une forme de succs.

Bonne soire,
Jrmy.


Jrmy JUST

Intéressant, docteur ! Pourrait-on en avoir un exemple ?

LLDS

Le 18/03/2020 à 23:20, Philippe MICHEL a écrit :

Si vous fournissez un bon template, LaTeX reste très simple d’emploi.
Surtout pour un document qui paraît simple.

Sinon Markdown peut faire le travail avec une sortie pdf via LaTeX
(invisible). Mais le placement des figures est parfois surprenant.

Les deux solutions peuvent se mélanger : un en-tête LaTeX préfait dans
un document Markdown. C’est ce que j’utilise au quotidien.

Dr Philippe MICHEL

Le 18/03/2020 à 23:11, Laurent Bloch a écrit :

Bonsoir,

Voilà ma question, dont la mention sur cette liste peut être contestée,
j’en conviens, mais aussi c’est ici que je risque de trouver les gens
susceptibles d’avoir de bonnes réponses.

Je dois conseiller un logiciel à quelqu’un qui souhaite écrire un livre.
Du texte, éventuellement des illustrations ou graphiques, pas de maths.
Voici à quoi je pense :

  • Word et ses clones : trop moche, c’est ce que je cherche à écarter ;
  • LaTeX : courbe d’apprentissage hors de portée ;
  • Scribus : bien trop compliqué, pour des choses dont l’intéressée n’a
    aucun usage ;
  • reste AsciiDoctor → PDF.

Voyez-vous autre chose ?

Bonne auto-quarantaine !

Thomas Savary écrit des choses interessantes.

Par exemple : À la différence de beaucoup de latexiens, je considère pour
ma part que LaTeX, en dehors de la rédaction de textes scientifiques, n’est
pas vraiment un bon outil pour l’écriture

Mais qui donc a écrit “Mettre en pages un roman avec la famille TEX” ?

Autre exemple : Cela dit, ce n’est pas a priori le problème de l’auteur du
livre, mais du maquettiste/typographe.

Mais peut-être ce dernier ne fait-il qu’un avec l’auteur. Dans ce cas, eh
bien le résultat sera moche de toute façon, quels que soient les programmes
utilisés, à moins que cette personne soit un amateur éclairé de
typographie. Même le meilleur outil du monde, entre des mains
inexpérimentées, ne fera pas de miracle.

Au delà du caractère insultant de cette remarque, ça me rappelle la revue
professionnelle Le Photographe, mais que l’on trouvait en magasin de
presse, dans les années 1980, qui n’avait de cesse de cracher sur ces
salauds d’amateurs qui faisaient des photographies lors des mariages. Nous
sommes dans le même combat d’arrière garde. D’ailleurs, l’informaticien que
je suis crie au scandale de voir mentionné des outils tels que bash, awk et
sed dans le CV de M. Savary. Son utilisation par un non informaticien ne
pourra n’être que moche.

Il est vrai que M. Savary n’a de cesse de protéger son pré carré. L’article
précité avait été proposé à Livres Hebdo, n’avait d’autre but que d’assurer
sa propre publicité.

Lamentable.

Corentin Jourdan

Le jeu. 19 mars 2020 à 09:24, Thomas Savary xyz@xyz.tld a
écrit :

Bonjour, Laurent,

Bonjour, la liste,

À la différence de beaucoup de latexiens, je considère pour ma part que
LaTeX, en dehors de la rédaction de textes scientifiques, n’est pas
vraiment un bon outil pour l’écriture.

Ne serait-ce la présence de graphiques (les illustrations classiques
n’étant pas un problème), je conseillerais sans hésiter l’un ou l’autre des
logiciels de traitement de texte. On peut dire ce qu’on veut, ce sont les
outils à la fois les plus commodes et les plus performants pour écrire du
texte. Bien sûr que le résultat est moche, mais là n’est pas le propos,
puisque la question porte, si j’ai bien compris, sur l’écriture du livre et
non sur sa mise en pages. Je ne comprends donc pas pourquoi vouloir les
éviter.

Un traitement de texte moderne permet comme Latex ou HTML-CSS de dissocier
le fond de la forme et de structurer les documents, d’y naviguer aisément.
Writer, de son côté, propose l’extension Grammalecte, qui assurera avec son
formateur de texte un bon respect des usages typographiques, aidera à la
rédaction en proposant un bien meilleur correcteur orthographique que celui
de base et en signalant les répétitions à l’intérieur d’un alinéa ou d’une
phrase. Surtout, Writer et Word s’interfacent très bien avec de précieux
logiciels d’aide à la rédaction comme Antidote ou Prolexis (correcteur
informatique performant, dictionnaires [définitions, synonymes, antonymes,
cooccurrences], guides linguistiques, etc.).

Writer et Word gèrent aussi les références croisées — mal ou bien, je
l’ignore, par contre. Et je ne sais pas non plus que ces références
croisées donneront à l’export en Latex ou vers Indesign… À tester !

Le format ODT s’exporte très bien en LaTeX (Writer2latex, Pandoc) ou vers
Scribus (que je déconseille, parce que pour le coup le livre produit sera
vraiment moche, le compositeur de Scribus ne valant pas beaucoup mieux que
celui des traitements de texte). Indesign, quant à lui, est censé importer
correctement le format DOCX (en pratique, l’importation des notes a l’air
de poser problème).

Même si ce qu’affiche un traitement de texte WYSIWYG n’est pas très jojo,
c’est toujours nettement plus plaisant à l’œil qu’un affreux code source
dans un simple éditeur de texte. Une certaine qualité esthétique, fût-elle
très relative, est pour moi fort appréciable durant le processus
d’écriture : qui aurait envie d’écrire ses mémoires dans un bloc-notes ?
Peu de gens, je crois.

Le principal point noir, dans le contexte décrit, ce sont à mon sens les
graphiques. S’il s’agit de représentations de données, les suites
bureautiques peuvent s’en tirer dans une certaine mesure, mais cela n’aide
en rien le logiciel de PAO utilisé derrière. L’export du graphique sous la
forme d’une image matricielle donnera un résultat décevant. Même en
utilisant les polices du texte courant, il faut prévoir des différences de
rendu entre ce dernier et le graphique. Bref, cela ne fera pas très pro.
Ici, rien ne remplace la (re)création des graphiques par le logiciel de
PAO. Cela dit, ce n’est pas a priori le problème de l’auteur du livre, mais
du maquettiste/typographe.

Mais peut-être ce dernier ne fait-il qu’un avec l’auteur. Dans ce cas, eh
bien le résultat sera moche de toute façon, quels que soient les programmes
utilisés, à moins que cette personne soit un amateur éclairé de
typographie. Même le meilleur outil du monde, entre des mains
inexpérimentées, ne fera pas de miracle.

En conclusion, je dirai qu’il y a des professionnels pour cela. Pas
forcément très chers, d’ailleurs.

Cordialement,

Thomas Savary

1 le Grand-Plessis

F-85340 L’Île-d’Olonne

Tél. Tél. masqué

https://compo85.fr/

mercredi 18 mars 2020, à 23:11:36 CET, Laurent Bloch a écrit :

Bonsoir,

Voilà ma question, dont la mention sur cette liste peut être contestée,

j’en conviens, mais aussi c’est ici que je risque de trouver les gens

susceptibles d’avoir de bonnes réponses.

Je dois conseiller un logiciel à quelqu’un qui souhaite écrire un livre.

Du texte, éventuellement des illustrations ou graphiques, pas de maths.

Voici à quoi je pense :

  • Word et ses clones : trop moche, c’est ce que je cherche à écarter ;
  • LaTeX : courbe d’apprentissage hors de portée ;
  • Scribus : bien trop compliqué, pour des choses dont l’intéressée n’a

aucun usage ;

  • reste AsciiDoctor → PDF.

Voyez-vous autre chose ?

Bonne auto-quarantaine !

Bonjour

Le 19/03/2020 à 09:14, Mac pro d’Olivier a écrit :

Intéressant, docteur ! Pourrait-on en avoir un exemple ?
\documentclass[11pt]{book}
\usepackage[utf8]{inputenc}
\usepackage[T1]{fontenc}
\usepackage[a4paper]{geometry}
\usepackage[french]{babel}
\usepackage[clearempty]{titlesec}
\begin{document}
%Titre, etc.
\maketitle
\chapter{Premier chapitre} % vous choisissez son titre
\thispagestyle{headings} % ou plain, si vous ne voulez pas de folio
%texte courant…
\chapter{Nouveau chapitre}
\thispagestyle{headings}

\end{document}

  • les sections, éventuellement

Eric

Bonjour, Corentin,

J’ai du mal à comprendre votre réaction. Si je recommande les traitements de
de texte, c’est dans une logique de séparation des tâches : l’écriture d’un
côté, la mise en pages de l’autre. La question posée par Laurent portait sur
l’écriture d’un livre. Je maintiens que les logiciels de traitement de texte
sont de meilleurs outils, pour écrire des textes non scientifiques, que Latex,
et bien plus agréables de surcroît.

À propos des bons outils mal maîtrisés et du mépris de bon aloi dans certains
milieux pour les logiciels de traitement de texte, j’aurais pu citer Jean
Méron (à côté duquel je ne suis qu’un nain en matière de culture
typographique), qui atteste qu’une personne avisée peut réussir avec Word une
meilleure mise en page et une meilleure composition qu’un mauvais graphiste ne
sachant pas quoi faire de son logiciel de PAO.

J’abonderai en son sens, car de mon côté j’ai hélas pu voir des ouvrages
horribles mis en pages avec Latex. Je ne les citerai pas ici, pour ne pas
faire de peine à des gens formidables qui font énormément pour la culture du
libre. Disons des livres présentant à peu près tous les défauts imaginables :
mauvais empagement ; interlignage trop grand ; désactivation de la coupure de
mots entraînant lézardes, lignes lavées, etc. ; perte du registre ; variation
du nombre de lignes des pages pleines pour avoir activé le traitement
automatique des veuves et des orphelines ; notes sur plusieurs pages (quand
cela aurait pu être évité) ; mots identiques superposés sur plusieurs lignes
successives ; fins de page du genre « . Le » ; etc.

À ignorance égale en matière de typographie, l’utilisateur de Latex produira
certes de meilleurs documents que l’utilisateur d’un traitement de texte, je
n’ai jamais dit le contraire. Mais c’est tout. La confiance aveugle en Latex ne
permet pas de produire de beaux livres.

Sinon, je cherche du travail, c’est un fait. C’est que figurez-vous qu’en ce
moment je gagne moins de 500 EUR par mois. Mais j’ai aussi la culture du
partage, voyez-vous : j’ai distribué ma macro de toilettage orthotypographique
à tous mes confrères correcteurs avec qui je suis en relation ; et j’ai publié
le lien sur mon compte Framasphère, sur Discord.

(désolé, le mode d’emploi n’est plus tout à fait à jour)

Actuellement, je travaille à l’écriture d’un livre intitulé provisoirement
« Mise en page efficace. LaTeX et ConTeXt pour l’édition littéraire ». Il est
destiné en premier lieu aux jeunes éditeurs indépendants qui n’ont pas les
moyens d’externaliser la mise en page, aux auteurs autoédités et aux étudiants
en lettres — bref, à mes clients potentiels —, pour les aider à se hisser à un
niveau professionnel. Si le livre intéresse un éditeur, je prévois que les
droits d’auteur soient reversés à une association ou à une fondation du monde
du libre. Si d’aucuns veulent participer à la partie ConTeXt et à la refonte
de mes scripts (voir plus bas), ce sera bien volontiers. Si le livre ne trouve
pas d’éditeur, eh bien ce sera un PDF mis en ligne gratuitement sous licence
CC.

Je ne crache donc pas sur les amateurs, bien au contraire, s’ils sont de bonne
volonté, mais je critique l’ignorance, l’inconscience, l’incompétence et la
négligence. Personne ne force les gens à produire des livres. Par contre, si
on veut le faire, j’estime qu’il faut s’en donner les moyens, tout simplement
— question à la fois de respect des lecteurs et de dignité personnelle. Et
c’est beaucoup de travail.

S’agissant de mes compétences en informatique, elles sont modestes, je
l’admets. Adolescent, je voulais certes devenir informaticien. J’ai fait de la
programmation en GFA BASIC, en assembleur 68000, puis en assembleur ARM (sur
le merveilleux Archimedes d’Acorn). Il se trouve que j’étais nul en maths et
que j’ai dû renoncer à suivre les études informatiques que j’envisageais
(DUT). J’ai ensuite lâché l’info en commençant mes études de lettres. Quand j’ai
voulu m’y remettre, vers 1996, j’étais trop largué pour reprendre le TGV en
marche. Voilà… Mon expérience de jeunesse m’a permis d’être aujourd’hui un peu
au-dessus de la moyenne des utilisateurs d’ordinateurs, mais guère plus. Des
personnes de cette liste à qui j’ai parlé de mes scripts d’automatisation et de
mes macros pour Libreoffice pourraient témoigner que j’ai toujours reconnu
qu’ils étaient pauvrement conçus, maladroits et probablement risibles aux yeux
d’un vrai programmeur. Mais sur un CV, il faut se vendre, non ? Je ne mens pas
non plus, puisque je sais effectivement utliser Bash, Sed, Awk, Perl pour faire
les chercher-remplacer dont j’ai besoin. Et en attendant, mes horribles scripts
fonctionnent. Je les mets à disposition de qui veut, avec mes gabarits — en
prévenant qu’ils ont été conçus en fonction de mes seuls besoins et pourraient
nécessiter des adaptations. Et pour le livre que je projette, j’estime qu’ils
ne sont hélas pas publiables en l’état. Aide bienvenue, donc.

Cordialement,

Thomas Savary
1 le Grand-Plessis
F-85340 L’Île-d’Olonne
Tél. Tél. masqué

jeudi 19 mars 2020, à 10:07:56 CET, Corentin Jourdan a écrit :

Thomas Savary écrit des choses interessantes.

Par exemple : À la différence de beaucoup de latexiens, je considère pour
ma part que LaTeX, en dehors de la rédaction de textes scientifiques, n’est
pas vraiment un bon outil pour l’écriture

Mais qui donc a écrit « Mettre en pages un roman avec la famille TEX » ?

Autre exemple : Cela dit, ce n’est pas a priori le problème de l’auteur du
livre, mais du maquettiste/typographe.

Mais peut-être ce dernier ne fait-il qu’un avec l’auteur. Dans ce cas, eh
bien le résultat sera moche de toute façon, quels que soient les programmes
utilisés, à moins que cette personne soit un amateur éclairé de
typographie. Même le meilleur outil du monde, entre des mains
inexpérimentées, ne fera pas de miracle.

Au delà du caractère insultant de cette remarque, ça me rappelle la revue
professionnelle Le Photographe, mais que l’on trouvait en magasin de
presse, dans les années 1980, qui n’avait de cesse de cracher sur ces
salauds d’amateurs qui faisaient des photographies lors des mariages. Nous
sommes dans le même combat d’arrière garde. D’ailleurs, l’informaticien que
je suis crie au scandale de voir mentionné des outils tels que bash, awk et
sed dans le CV de M. Savary. Son utilisation par un non informaticien ne
pourra n’être que moche.

Il est vrai que M. Savary n’a de cesse de protéger son pré carré. L’article
précité avait été proposé à Livres Hebdo, n’avait d’autre but que d’assurer
sa propre publicité.

Lamentable.

Corentin Jourdan

Le jeu. 19 mars 2020 à 09:24, Thomas Savary xyz@xyz.tld a

écrit :

Bonjour, Laurent,

Bonjour, la liste,

À la différence de beaucoup de latexiens, je considère pour ma part que
LaTeX, en dehors de la rédaction de textes scientifiques, n’est pas
vraiment un bon outil pour l’écriture.

Ne serait-ce la présence de graphiques (les illustrations classiques
n’étant pas un problème), je conseillerais sans hésiter l’un ou l’autre
des
logiciels de traitement de texte. On peut dire ce qu’on veut, ce sont les
outils à la fois les plus commodes et les plus performants pour écrire du
texte. Bien sûr que le résultat est moche, mais là n’est pas le propos,
puisque la question porte, si j’ai bien compris, sur l’écriture du livre
et
non sur sa mise en pages. Je ne comprends donc pas pourquoi vouloir les
éviter.

Un traitement de texte moderne permet comme Latex ou HTML-CSS de dissocier
le fond de la forme et de structurer les documents, d’y naviguer aisément.
Writer, de son côté, propose l’extension Grammalecte, qui assurera avec
son
formateur de texte un bon respect des usages typographiques, aidera à la
rédaction en proposant un bien meilleur correcteur orthographique que
celui
de base et en signalant les répétitions à l’intérieur d’un alinéa ou d’une
phrase. Surtout, Writer et Word s’interfacent très bien avec de précieux
logiciels d’aide à la rédaction comme Antidote ou Prolexis (correcteur
informatique performant, dictionnaires [définitions, synonymes, antonymes,
cooccurrences], guides linguistiques, etc.).

Writer et Word gèrent aussi les références croisées — mal ou bien, je
l’ignore, par contre. Et je ne sais pas non plus que ces références
croisées donneront à l’export en Latex ou vers Indesign… À tester !

Le format ODT s’exporte très bien en LaTeX (Writer2latex, Pandoc) ou vers
Scribus (que je déconseille, parce que pour le coup le livre produit sera
vraiment moche, le compositeur de Scribus ne valant pas beaucoup mieux que
celui des traitements de texte). Indesign, quant à lui, est censé importer
correctement le format DOCX (en pratique, l’importation des notes a l’air
de poser problème).

Même si ce qu’affiche un traitement de texte WYSIWYG n’est pas très jojo,
c’est toujours nettement plus plaisant à l’œil qu’un affreux code source
dans un simple éditeur de texte. Une certaine qualité esthétique, fût-elle
très relative, est pour moi fort appréciable durant le processus
d’écriture : qui aurait envie d’écrire ses mémoires dans un bloc-notes ?
Peu de gens, je crois.

Le principal point noir, dans le contexte décrit, ce sont à mon sens les
graphiques. S’il s’agit de représentations de données, les suites
bureautiques peuvent s’en tirer dans une certaine mesure, mais cela n’aide
en rien le logiciel de PAO utilisé derrière. L’export du graphique sous la
forme d’une image matricielle donnera un résultat décevant. Même en
utilisant les polices du texte courant, il faut prévoir des différences de
rendu entre ce dernier et le graphique. Bref, cela ne fera pas très pro.
Ici, rien ne remplace la (re)création des graphiques par le logiciel de
PAO. Cela dit, ce n’est pas a priori le problème de l’auteur du livre,
mais
du maquettiste/typographe.

Mais peut-être ce dernier ne fait-il qu’un avec l’auteur. Dans ce cas, eh
bien le résultat sera moche de toute façon, quels que soient les
programmes
utilisés, à moins que cette personne soit un amateur éclairé de
typographie. Même le meilleur outil du monde, entre des mains
inexpérimentées, ne fera pas de miracle.

En conclusion, je dirai qu’il y a des professionnels pour cela. Pas
forcément très chers, d’ailleurs.

Cordialement,

Thomas Savary

1 le Grand-Plessis

F-85340 L’Île-d’Olonne

Tél. Tél. masqué

https://compo85.fr/

mercredi 18 mars 2020, à 23:11:36 CET, Laurent Bloch a écrit :

Bonsoir,

Voilà ma question, dont la mention sur cette liste peut être contestée,

j’en conviens, mais aussi c’est ici que je risque de trouver les gens

susceptibles d’avoir de bonnes réponses.

Je dois conseiller un logiciel à quelqu’un qui souhaite écrire un livre.

Du texte, éventuellement des illustrations ou graphiques, pas de maths.

Voici à quoi je pense :

  • Word et ses clones : trop moche, c’est ce que je cherche à écarter ;

  • LaTeX : courbe d’apprentissage hors de portée ;

  • Scribus : bien trop compliqué, pour des choses dont l’intéressée n’a

aucun usage ;

  • reste AsciiDoctor → PDF.

Voyez-vous autre chose ?

Bonne auto-quarantaine !

Bonjour,

Je ne vois aucune contradiction dans le fait de louer TeX comme outil de mise en page et le critiquer comme outil d’écriture. Contrairement à ce que vous suggérez, M. Savary ne fait pas de confusion entre les deux. Sa réponse est claire mais son premier message l’était tout autant. C’est vous qui introduisez la confusion entre écriture d’un texte scientifique et mise en pages d’un texte littéraire. Je ne connaissais pas l’article que vous mentionnez (ni son auteur d’ailleurs) et après vérification, il n’entretient pas la confusion non plus. https://compo85.fr/docs/Mettre_en_pages_un_roman_avec_la_famille_TeX_2020-03-03.pdf

De même, l’opposition que fait M. Savary entre « mains inexpérimentées » et « amateur éclairé » ne contredit pas l’idée suivant laquelle l’accumulation d’expérience est possible pour des non-professionnels. Mes étudiants qualifient eux-mêmes les fruits de leur inexpérience comme « moches ». Lorsque nous critiquons ensemble leurs premiers travaux, en des termes certes plus précis, aucun ne pousse de cris d’orfraie. Ils savent être là pour apprendre à faire mieux – en futurs professionnels ou amateurs éclairés, peu importe.

Qualifier quelqu’un de lamentable quand on a soi-même recours à des arguments ad hominem et ex homonymia aussi fragiles, je ne sais pas quel adjectif cela appelle. Philippe Bouvard disait que la gentillesse s’improvise mais que l’agressivité se prépare…

Arthur Perret

Le 19 mars 2020 à 10:07, Corentin Jourdan xyz@xyz.tld a écrit :

Thomas Savary écrit des choses interessantes.

Par exemple : À la différence de beaucoup de latexiens, je considère pour ma part que LaTeX, en dehors de la rédaction de textes scientifiques, n’est pas vraiment un bon outil pour l’écriture

Mais qui donc a écrit “Mettre en pages un roman avec la famille TEX” ?

Autre exemple : Cela dit, ce n’est pas a priori le problème de l’auteur du livre, mais du maquettiste/typographe.
Mais peut-être ce dernier ne fait-il qu’un avec l’auteur. Dans ce cas, eh bien le résultat sera moche de toute façon, quels que soient les programmes utilisés, à moins que cette personne soit un amateur éclairé de typographie. Même le meilleur outil du monde, entre des mains inexpérimentées, ne fera pas de miracle.

Au delà du caractère insultant de cette remarque, ça me rappelle la revue professionnelle Le Photographe, mais que l’on trouvait en magasin de presse, dans les années 1980, qui n’avait de cesse de cracher sur ces salauds d’amateurs qui faisaient des photographies lors des mariages. Nous sommes dans le même combat d’arrière garde. D’ailleurs, l’informaticien que je suis crie au scandale de voir mentionné des outils tels que bash, awk et sed dans le CV de M. Savary. Son utilisation par un non informaticien ne pourra n’être que moche.

Il est vrai que M. Savary n’a de cesse de protéger son pré carré. L’article précité avait été proposé à Livres Hebdo, n’avait d’autre but que d’assurer sa propre publicité.

Lamentable.

Corentin Jourdan

Le jeu. 19 mars 2020 à 09:24, Thomas Savary xyz@xyz.tld a écrit :
Bonjour, Laurent,
Bonjour, la liste,

À la différence de beaucoup de latexiens, je considère pour ma part que LaTeX, en dehors de la rédaction de textes scientifiques, n’est pas vraiment un bon outil pour l’écriture.

Ne serait-ce la présence de graphiques (les illustrations classiques n’étant pas un problème), je conseillerais sans hésiter l’un ou l’autre des logiciels de traitement de texte. On peut dire ce qu’on veut, ce sont les outils à la fois les plus commodes et les plus performants pour écrire du texte. Bien sûr que le résultat est moche, mais là n’est pas le propos, puisque la question porte, si j’ai bien compris, sur l’écriture du livre et non sur sa mise en pages. Je ne comprends donc pas pourquoi vouloir les éviter.

Un traitement de texte moderne permet comme Latex ou HTML-CSS de dissocier le fond de la forme et de structurer les documents, d’y naviguer aisément. Writer, de son côté, propose l’extension Grammalecte, qui assurera avec son formateur de texte un bon respect des usages typographiques, aidera à la rédaction en proposant un bien meilleur correcteur orthographique que celui de base et en signalant les répétitions à l’intérieur d’un alinéa ou d’une phrase. Surtout, Writer et Word s’interfacent très bien avec de précieux logiciels d’aide à la rédaction comme Antidote ou Prolexis (correcteur informatique performant, dictionnaires [définitions, synonymes, antonymes, cooccurrences], guides linguistiques, etc.).

Writer et Word gèrent aussi les références croisées — mal ou bien, je l’ignore, par contre. Et je ne sais pas non plus que ces références croisées donneront à l’export en Latex ou vers Indesign… À tester !

Le format ODT s’exporte très bien en LaTeX (Writer2latex, Pandoc) ou vers Scribus (que je déconseille, parce que pour le coup le livre produit sera vraiment moche, le compositeur de Scribus ne valant pas beaucoup mieux que celui des traitements de texte). Indesign, quant à lui, est censé importer correctement le format DOCX (en pratique, l’importation des notes a l’air de poser problème).

Même si ce qu’affiche un traitement de texte WYSIWYG n’est pas très jojo, c’est toujours nettement plus plaisant à l’œil qu’un affreux code source dans un simple éditeur de texte. Une certaine qualité esthétique, fût-elle très relative, est pour moi fort appréciable durant le processus d’écriture : qui aurait envie d’écrire ses mémoires dans un bloc-notes ? Peu de gens, je crois.

Le principal point noir, dans le contexte décrit, ce sont à mon sens les graphiques. S’il s’agit de représentations de données, les suites bureautiques peuvent s’en tirer dans une certaine mesure, mais cela n’aide en rien le logiciel de PAO utilisé derrière. L’export du graphique sous la forme d’une image matricielle donnera un résultat décevant. Même en utilisant les polices du texte courant, il faut prévoir des différences de rendu entre ce dernier et le graphique. Bref, cela ne fera pas très pro. Ici, rien ne remplace la (re)création des graphiques par le logiciel de PAO. Cela dit, ce n’est pas a priori le problème de l’auteur du livre, mais du maquettiste/typographe.

Mais peut-être ce dernier ne fait-il qu’un avec l’auteur. Dans ce cas, eh bien le résultat sera moche de toute façon, quels que soient les programmes utilisés, à moins que cette personne soit un amateur éclairé de typographie. Même le meilleur outil du monde, entre des mains inexpérimentées, ne fera pas de miracle.

En conclusion, je dirai qu’il y a des professionnels pour cela. Pas forcément très chers, d’ailleurs.

Cordialement,

Thomas Savary
1 le Grand-Plessis
F-85340 L’Île-d’Olonne
Tél. Tél. masqué
https://compo85.fr/

mercredi 18 mars 2020, à 23:11:36 CET, Laurent Bloch a écrit :

Bonsoir,

Voilà ma question, dont la mention sur cette liste peut être contestée,
j’en conviens, mais aussi c’est ici que je risque de trouver les gens
susceptibles d’avoir de bonnes réponses.

Je dois conseiller un logiciel à quelqu’un qui souhaite écrire un livre.
Du texte, éventuellement des illustrations ou graphiques, pas de maths.
Voici à quoi je pense :

  • Word et ses clones : trop moche, c’est ce que je cherche à écarter ;
  • LaTeX : courbe d’apprentissage hors de portée ;
  • Scribus : bien trop compliqué, pour des choses dont l’intéressée n’a
    aucun usage ;
  • reste AsciiDoctor → PDF.

Voyez-vous autre chose ?

Bonne auto-quarantaine !

19 mars 2020 11:36 “Thomas Savary” <xyz@xyz.tld (mailto:xyz@xyz.tld?to=%22Thomas%20Savary%22%20xyz@xyz.tld)> a écrit:
Bonjour, Corentin,

J’ai du mal à comprendre votre réaction. Si je recommande les traitements de de texte, c’est dans une logique de séparation des tâches : l’écriture d’un côté, la mise en pages de l’autre. La question posée par Laurent portait sur l’écriture d’un livre. Je maintiens que les logiciels de traitement de texte sont de meilleurs outils, pour écrire des textes non scientifiques, que Latex, et bien plus agréables de surcroît.

(...)

Bonsoir à tous,

Désolé pour le retard à l’allumage, mais je fus occupé à pas mal d’autres tâches depuis le week-end dernier…

J’ai quant à moi du mal à suivre votre argumentation. Il me semble que dans un texte littéraire, surtout maintenant que pas mal de monde utilise le codage UTF-8, les textes sources ont un look proche du résultat final, si l’on laisse tomber l’espacement proportionnel et la justification à droite. Dans un texte vraiment littéraire, certains passages sont en italiques, quelques mots sont estampillés d’une commande d’index. Quelques occurrences d’“emph{…}” ou d’“index{…}”, rien de bien méchant… Penser qu’il n’y a pas si longtemps, un écrivain tapait son texte avec une machine à écrire…

Que LaTeX & Cie ne soient pas interfacés avec des correcteurs orthographiques puissants ou avec des détecteurs de répétition, on peut le déplorer - ou considérer qu’il y a là quelques pistes à explorer. Mais vous savez aussi bien que moi que ces outils d’aide ne remplacent pas le talent.

Pour quelqu’un qui cherche à écrire un roman, l’intérêt de LaTeX, à mon avis, est de pouvoir fournir quelque chose d’adaptable. Un cas très simple : s’il y a beaucoup de répliques, on peut se poser la question d’utiliser des titres moyens ou longs. On peut se demander aussi comment indiquer qu’un alinéa est la suite d’une réplique :

mydash Vous êtes un fat personnage; Monsieur.

mydash Mes témoins attendront les vôtres, Monsieur.

more Puisque vous semblez las de vivre, Monsieur.

… et ainsi que le montre l’exemple précédent, on peut définir des commandes dont la réalisation peut être révisée voire améliorée à tout moment. Je suis moins calé que vous en typographie, je n’en doute pas un seul instant, mais si je vous donne un texte déjà balisé aux points qui peuvent poser problème typographiquement parlant, il me semble que vous devez gagner du temps par rapport à la récupération brute d’un texte au kilomètre.

Personnellement, je considère que LaTeX réussit le tour de force de pouvoir fournir une qualité plancher plutôt bonne pour quelqu’un qui se débrouille tout seul avec des connaissances de base, en même temps qu’il permet - si un texte est convenablement balisé - une reprise du même texte par quelqu’un de plus calé en matière de formatage.

Bien à vous,

J.-M. H.

Bonjour, Jean-Michel,
Bonjour, la liste,

J’ai quant à moi du mal à suivre votre argumentation. Il me semble que dans
un texte littéraire, surtout maintenant que pas mal de monde utilise le
codage UTF-8, les textes sources ont un look proche du résultat final, si
l’on laisse tomber l’espacement proportionnel et la justification à droite.
Dans un texte vraiment littéraire, certains passages sont en italiques,
quelques mots sont estampillés d’une commande d’index. Quelques occurrences
d’« emph{…} » ou d’« index{…} », rien de bien méchant… Penser qu’il n’y a
pas si longtemps, un écrivain tapait son texte avec une machine à écrire…

Un aspect proche du résultat final : eh bien non, justement, pas du tout, et
c’est bien à mes yeux le problème. Pour commencer, justement parce que les
éditeurs de texte (spécialisés ou non) utilisent une police à chasse fixe. Cela
semble pour vous un détail, mais pas pour moi ni la plupart des littéraires, je
suppose. On peut évidemment en changer pour une police à empattements, et je ne
me suis pas privé de le faire… avant de revenir piteusement à une police à
chasse fixe, à cause de la sensation d’étrangeté que j’éprouvais à voir les
commandes LaTeX composées en Linux Libertine, en Crimson ou en Athelas, par
exemple.
Bien pire toutefois est la nécessité de laisser une ligne de blanc pour
changer d’alinéa : le résultat est proprement horrible, surtout dans un
dialogue enchaînant les répliques courtes. Dans un livre correctement composé,
il y a très peu de lignes de blanc. Ces dernières séparent normalement les
paragraphes (qui sont des groupes d’alinéas — voir « Orthotypographie » de
Lacroux). Et on n’en voit jamais entre les répliques d’un dialogue, sinon dans
certains livres pour moi hideux.

Un logiciel de traitement de texte n’est pas un programme de PAO, c’est
évident. Mais, encore une fois, pourquoi se priver d’un affichage agréable,
évoquant ce que sera le livre définitif ? Pourquoi renoncer aux ligatures
esthétiques « fi », « ffi », « ff », « fl », « ffl », entre autres ? Aux
renfoncements d’alinéa ? À la possibilité de régler l’interlignage en fonction
de la hauteur d’x et de la justification ? Avoir quelque chose de potable sous
les yeux constitue, je trouve, une invitation à écrire. Rien de tel, voire le
contraire pour certaines personnes, avec un éditeur de texte. Si d’aucuns
peuvent faire abstraction de cette mocheté — ou ne la perçoivent pas —, ce
n’est pas mon cas.

Pour un roman, cela dit, vous avez raison, le nombre de commandes dans le
source est faible (du moins avant les multiples interventions pour régler les
problèmes de composition à coups de textls, linebreak, looseness, mbox, -,
~, etc.). Créer une commande pour les tirets de dialogue, oui, bien sûr, c’est
également ce que je fais, mais quelle horreur à saisir (et à relire) : c’est
bien aussi pour cela que je préfère écrire dans Writer. Lors de l’export au
format TeX, un petit coup de sed remplace les tirets de dialogue par ma
commande.
Ne parlons pas des notes, un cauchemar. Rares dans la grande majorité des
romans, sans doute, mais pouvant être fréquentes dans les traductions (les
fameuses NDT). Et puis, l’édition littéraire, ce sont aussi des biographies,
des essais, avec foison de notes de bas de page, index, bibliographie.

Penser qu’il n’y a
pas si longtemps, un écrivain tapait son texte avec une machine à écrire…
Il y a encore moins longtemps, trente-cinq ans tout de même, j’écrivais,
gamin, mes premières nouvelles avec le programme Epistole sur Apple IIc, à
l’écran monochrome de 9 pouces. Et je suis bien content aujourd’hui d’écrire
ce message avec un 27 pouces en millions de couleurs. Nulle envie de revenir
en arrière en écrivant mon bouquin dans Kate ou dans Kile, encore moins dans
Vim !

Le confort d’écriture dans un logiciel de traitement de texte comme Writer,
hautement personnalisable qui plus est (menus, raccourcis, icônes, barres
d’outils), est à mon sens infiniment supérieur à celui d’un éditeur de texte,
même aussi configurable que Kile, par exemple.

mais si je vous donne un texte déjà balisé aux points qui
peuvent poser problème typographiquement parlant, il me semble que vous
devez gagner du temps par rapport à la récupération brute d’un texte au
kilomètre.

La récupération n’est pas brute, justement. J’utilise Writer2latex en ligne de
commande pour exporter les fichiers ODT au format TeX : ainsi récupéré-je
niveaux de titre, notes, italiques, gras, petites capitales, indices,
exposants, espaces insécables sans rien avoir à faire. Mon script Bash toilette
alors le résultat (parce que Writer2latex n’est pas parfait, et pour ajouter
quelques commandes comme celle du tiret de dialogue, qui me sert avant tout à
paramétrer l’espace qui suit, plus ou moins étroite en fonction du goût de
l’éditeur, l’essentiel étant que sa chasse soit fixe), tronçonne le source TeX
en autant de fichiers que de chapitres, crée un projet à partir du gabarit
indiqué, insère dans le préambule et mon fichier de définition de commandes les
informations préalablement renseignées dans un tableau ODS, ajoute les include
nécessaires et lance deux ou trois compilations en PDF. Voilà quelques
semaines, j’ai ainsi fait la démonstration devant des étudiants que l’on
pouvait pondre en moins d’une minute un premier jet complet en PDF d’un roman
de 320 pages, avec lettrines (moches avant le repositionnement manuel requis
pour certaines d’entre elles — mais c’est parce que je n’ai pas eu le courage
encore d’automatiser cela, car c’est un travail à faire police par police),
table des matières et mentions légales (ISBN, éditeur, année, dépôt légal, nom
des contributeurs, etc.).

Les problèmes typo, on ne les voit que dans le PDF : veuves, orphelines, mots
coupés en bas de page *, lignes lavées, superposition de mots identiques ou
homographes sur plusieurs lignes consécutives, note de bas de page sur deux
pages (à éviter quand on peut), dernière page d’un chapitre comportant moins
de cinq lignes, etc. Tant que la maquette est susceptible de bouger, on ne
traite surtout pas ces problèmes, ce qui serait au mieux inutile, au pire
dangereux.

  • Je sais que TeX peut traiter ces problèmes automatiquement, mais la solution
    appliquée est inadmissible en typo soignée : chasser la ligne problématique à
    la page suivante, soit réduire le nombre de lignes d’une page pleine. On a
    pendu des imprimeurs pour moins que ça :slight_smile: Blague à part, et là c’est
    authentique, André Gide a refusé de voir paraître « les Nourritures
    terrestres » (de mémoire) précisément pour cette raison, obligeant l’atelier de
    composition à tout reprendre au début. Et il avait bien raison.

Pardon pour la lourdeur de mon style et toutes ces parenthèses. Je ne m’en
rendais pas compte en écrivant, et je n’ai pas le courage de tout reprendre.

Cordialement,

Thomas Savary
1 le Grand-Plessis
F-85340 L’Île-d’Olonne
Tél. Tél. masqué

mercredi 25 mars 2020, à 18:53:56 CET, xyz@xyz.tld a écrit :

19 mars 2020 11:36 « Thomas Savary » <xyz@xyz.tld
(mailto:xyz@xyz.tld?to=%22Thomas%20Savary%22%20<compo85@correc
tionpro.fr>)> a écrit: Bonjour, Corentin,

J’ai du mal à comprendre votre réaction. Si je recommande les traitements
de de texte, c’est dans une logique de séparation des tâches : l’écriture
d’un côté, la mise en pages de l’autre. La question posée par Laurent
portait sur l’écriture d’un livre. Je maintiens que les logiciels de
traitement de texte sont de meilleurs outils, pour écrire des textes non
scientifiques, que Latex, et bien plus agréables de surcroît.

(…)
Bonsoir à tous,

Désolé pour le retard à l’allumage, mais je fus occupé à pas mal d’autres
tâches depuis le week-end dernier…

J’ai quant à moi du mal à suivre votre argumentation. Il me semble que dans
un texte littéraire, surtout maintenant que pas mal de monde utilise le
codage UTF-8, les textes sources ont un look proche du résultat final, si
l’on laisse tomber l’espacement proportionnel et la justification à droite.
Dans un texte vraiment littéraire, certains passages sont en italiques,
quelques mots sont estampillés d’une commande d’index. Quelques occurrences
d’« emph{…} » ou d’« index{…} », rien de bien méchant… Penser qu’il n’y a
pas si longtemps, un écrivain tapait son texte avec une machine à écrire…

Que LaTeX & Cie ne soient pas interfacés avec des correcteurs
orthographiques puissants ou avec des détecteurs de répétition, on peut le
déplorer - ou considérer qu’il y a là quelques pistes à explorer. Mais vous
savez aussi bien que moi que ces outils d’aide ne remplacent pas le talent.

Pour quelqu’un qui cherche à écrire un roman, l’intérêt de LaTeX, à mon
avis, est de pouvoir fournir quelque chose d’adaptable. Un cas très simple
: s’il y a beaucoup de répliques, on peut se poser la question d’utiliser
des titres moyens ou longs. On peut se demander aussi comment indiquer
qu’un alinéa est la suite d’une réplique :

mydash Vous êtes un fat personnage; Monsieur.

mydash Mes témoins attendront les vôtres, Monsieur.

more Puisque vous semblez las de vivre, Monsieur.

… et ainsi que le montre l’exemple précédent, on peut définir des
commandes dont la réalisation peut être révisée voire améliorée à tout
moment. Je suis moins calé que vous en typographie, je n’en doute pas un
seul instant, mais si je vous donne un texte déjà balisé aux points qui
peuvent poser problème typographiquement parlant, il me semble que vous
devez gagner du temps par rapport à la récupération brute d’un texte au
kilomètre.

Personnellement, je considère que LaTeX réussit le tour de force de pouvoir
fournir une qualité plancher plutôt bonne pour quelqu’un qui se débrouille
tout seul avec des connaissances de base, en même temps qu’il permet - si
un texte est convenablement balisé - une reprise du même texte par
quelqu’un de plus calé en matière de formatage.

Bien à vous,

J.-M. H.

Bonsoir,

peut-être que des réponses brèves peuvent clarifier le débat? Et une
perspective qui tienne à la fois compte des pratiques des romanciers,
des mathématiciens, des programmeurs et des traducteurs des langues mortes?

J’ai l’impression que nous apprécions LaTeX car c’est un des meilleurs
outils professionnels pour (au moins) les 4 spécialistes précités. S’il
faut recouper le monde en petits morceaux séparés par une muraille de
Chine (qui me semble plutôt un tigre de papier) en opposant les un/e/s
et les autres, nous n’arriverons qu’à nous désunir.

Bien cordialement et bonne santé à toutes et à tous

Eric

Le 26/03/2020 à 19:58, Thomas Savary a écrit :

Bonjour, Jean-Michel,

Bonjour, la liste,

J’ai quant à moi du mal à suivre votre argumentation. Il me semble
que dans

un texte littéraire, surtout maintenant que pas mal de monde utilise le

codage UTF-8, les textes sources ont un look proche du résultat
final, si

l’on laisse tomber l’espacement proportionnel et la justification à
droite.

Dans un texte vraiment littéraire, certains passages sont en italiques,

quelques mots sont estampillés d’une commande d’index. Quelques
occurrences

d’“emph{…}” ou d’“index{…}”, rien de bien méchant… Penser
qu’il n’y a

pas si longtemps, un écrivain tapait son texte avec une machine à
écrire…

Un aspect proche du résultat final : eh bien non, justement, pas du
tout, et c’est bien à mes yeux le problème. Pour commencer, justement
parce que les éditeurs de texte (spécialisés ou non) utilisent une
police à chasse fixe. Cela semble pour vous un détail, mais pas pour
moi ni la plupart des littéraires, je suppose. On peut évidemment en
changer pour une police à empattements, et je ne me suis pas privé de
le faire… avant de revenir piteusement à une police à chasse fixe, à
cause de la sensation d’étrangeté que j’éprouvais à voir les commandes
LaTeX composées en Linux Libertine, en Crimson ou en Athelas, par exemple.

Bien pire toutefois est la nécessité de laisser une ligne de blanc
pour changer d’alinéa : le résultat est proprement horrible, surtout
dans un dialogue enchaînant les répliques courtes. Dans un livre
correctement composé, il y a très peu de lignes de blanc. Ces
dernières séparent normalement les paragraphes (qui sont des groupes
d’alinéas — voir « Orthotypographie » de Lacroux). Et on n’en voit
jamais entre les répliques d’un dialogue, sinon dans certains livres
pour moi hideux.

Un logiciel de traitement de texte n’est pas un programme de PAO,
c’est évident. Mais, encore une fois, pourquoi se priver d’un
affichage agréable, évoquant ce que sera le livre définitif ? Pourquoi
renoncer aux ligatures esthétiques « fi », « ffi », « ff », « fl »,
« ffl », entre autres ? Aux renfoncements d’alinéa ? À la possibilité
de régler l’interlignage en fonction de la hauteur d’x et de la
justification ? Avoir quelque chose de potable sous les yeux
constitue, je trouve, une invitation à écrire. Rien de tel, voire le
contraire pour certaines personnes, avec un éditeur de texte. Si
d’aucuns peuvent faire abstraction de cette mocheté — ou ne la
perçoivent pas —, ce n’est pas mon cas.

Pour un roman, cela dit, vous avez raison, le nombre de commandes dans
le source est faible (du moins avant les multiples interventions pour
régler les problèmes de composition à coups de textls, linebreak,
looseness, mbox, -, ~, etc.). Créer une commande pour les tirets de
dialogue, oui, bien sûr, c’est également ce que je fais, mais quelle
horreur à saisir (et à relire) : c’est bien aussi pour cela que je
préfère écrire dans Writer. Lors de l’export au format TeX, un petit
coup de sed remplace les tirets de dialogue par ma commande.

Ne parlons pas des notes, un cauchemar. Rares dans la grande majorité
des romans, sans doute, mais pouvant être fréquentes dans les
traductions (les fameuses NDT). Et puis, l’édition littéraire, ce sont
aussi des biographies, des essais, avec foison de notes de bas de
page, index, bibliographie.

Penser qu’il n’y a

pas si longtemps, un écrivain tapait son texte avec une machine à
écrire…

Il y a encore moins longtemps, trente-cinq ans tout de même,
j’écrivais, gamin, mes premières nouvelles avec le programme Epistole
sur Apple IIc, à l’écran monochrome de 9 pouces. Et je suis bien
content aujourd’hui d’écrire ce message avec un 27 pouces en millions
de couleurs. Nulle envie de revenir en arrière en écrivant mon bouquin
dans Kate ou dans Kile, encore moins dans Vim !

Le confort d’écriture dans un logiciel de traitement de texte comme
Writer, hautement personnalisable qui plus est (menus, raccourcis,
icônes, barres d’outils), est à mon sens infiniment supérieur à celui
d’un éditeur de texte, même aussi configurable que Kile, par exemple.

mais si je vous donne un texte déjà balisé aux points qui

peuvent poser problème typographiquement parlant, il me semble que vous

devez gagner du temps par rapport à la récupération brute d’un texte au

kilomètre.

La récupération n’est pas brute, justement. J’utilise Writer2latex en
ligne de commande pour exporter les fichiers ODT au format TeX : ainsi
récupéré-je niveaux de titre, notes, italiques, gras, petites
capitales, indices, exposants, espaces insécables sans rien avoir à
faire. Mon script Bash toilette alors le résultat (parce que
Writer2latex n’est pas parfait, et pour ajouter quelques commandes
comme celle du tiret de dialogue, qui me sert avant tout à paramétrer
l’espace qui suit, plus ou moins étroite en fonction du goût de
l’éditeur, l’essentiel étant que sa chasse soit fixe), tronçonne le
source TeX en autant de fichiers que de chapitres, crée un projet à
partir du gabarit indiqué, insère dans le préambule et mon fichier de
définition de commandes les informations préalablement renseignées
dans un tableau ODS, ajoute les include nécessaires et lance deux ou
trois compilations en PDF. Voilà quelques semaines, j’ai ainsi fait la
démonstration devant des étudiants que l’on pouvait pondre en moins
d’une minute un premier jet complet en PDF d’un roman de 320 pages,
avec lettrines (moches avant le repositionnement manuel requis pour
certaines d’entre elles — mais c’est parce que je n’ai pas eu le
courage encore d’automatiser cela, car c’est un travail à faire police
par police), table des matières et mentions légales (ISBN, éditeur,
année, dépôt légal, nom des contributeurs, etc.).

Les problèmes typo, on ne les voit que dans le PDF : veuves,
orphelines, mots coupés en bas de page *, lignes lavées, superposition
de mots identiques ou homographes sur plusieurs lignes consécutives,
note de bas de page sur deux pages (à éviter quand on peut), dernière
page d’un chapitre comportant moins de cinq lignes, etc. Tant que la
maquette est susceptible de bouger, on ne traite surtout pas ces
problèmes, ce qui serait au mieux inutile, au pire dangereux.

  • Je sais que TeX peut traiter ces problèmes automatiquement, mais la
    solution appliquée est inadmissible en typo soignée : chasser la ligne
    problématique à la page suivante, soit réduire le nombre de lignes
    d’une page pleine. On a pendu des imprimeurs pour moins que ça :slight_smile:
    Blague à part, et là c’est authentique, André Gide a refusé de voir
    paraître « les Nourritures terrestres » (de mémoire) précisément pour
    cette raison, obligeant l’atelier de composition à tout reprendre au
    début. Et il avait bien raison.

Pardon pour la lourdeur de mon style et toutes ces parenthèses. Je ne
m’en rendais pas compte en écrivant, et je n’ai pas le courage de tout
reprendre.

Cordialement,

Thomas Savary

1 le Grand-Plessis

F-85340 L’Île-d’Olonne

Tél. Tél. masqué

https://correctionpro.fr/

https://compo85.fr/

mercredi 25 mars 2020, à 18:53:56 CET, xyz@xyz.tld a écrit :

19 mars 2020 11:36 “Thomas Savary” <xyz@xyz.tld

(mailto:xyz@xyz.tld?to=%22Thomas%20Savary%22%20<compo85@correc

tionpro.fr>)> a écrit: Bonjour, Corentin,

J’ai du mal à comprendre votre réaction. Si je recommande les
traitements

de de texte, c’est dans une logique de séparation des tâches :
l’écriture

d’un côté, la mise en pages de l’autre. La question posée par Laurent

portait sur l’écriture d’un livre. Je maintiens que les logiciels de

traitement de texte sont de meilleurs outils, pour écrire des textes non

scientifiques, que Latex, et bien plus agréables de surcroît.

(…)

Bonsoir à tous,

Désolé pour le retard à l’allumage, mais je fus occupé à pas mal
d’autres

tâches depuis le week-end dernier…

J’ai quant à moi du mal à suivre votre argumentation. Il me semble
que dans

un texte littéraire, surtout maintenant que pas mal de monde utilise le

codage UTF-8, les textes sources ont un look proche du résultat
final, si

l’on laisse tomber l’espacement proportionnel et la justification à
droite.

Dans un texte vraiment littéraire, certains passages sont en italiques,

quelques mots sont estampillés d’une commande d’index. Quelques
occurrences

d’“emph{…}” ou d’“index{…}”, rien de bien méchant… Penser
qu’il n’y a

pas si longtemps, un écrivain tapait son texte avec une machine à
écrire…

Que LaTeX & Cie ne soient pas interfacés avec des correcteurs

orthographiques puissants ou avec des détecteurs de répétition, on
peut le

déplorer - ou considérer qu’il y a là quelques pistes à explorer.
Mais vous

savez aussi bien que moi que ces outils d’aide ne remplacent pas le
talent.

Pour quelqu’un qui cherche à écrire un roman, l’intérêt de LaTeX, à mon

avis, est de pouvoir fournir quelque chose d’adaptable. Un cas très
simple

: s’il y a beaucoup de répliques, on peut se poser la question
d’utiliser

des titres moyens ou longs. On peut se demander aussi comment indiquer

qu’un alinéa est la suite d’une réplique :

mydash Vous êtes un fat personnage; Monsieur.

mydash Mes témoins attendront les vôtres, Monsieur.

more Puisque vous semblez las de vivre, Monsieur.

… et ainsi que le montre l’exemple précédent, on peut définir des

commandes dont la réalisation peut être révisée voire améliorée à tout

moment. Je suis moins calé que vous en typographie, je n’en doute pas un

seul instant, mais si je vous donne un texte déjà balisé aux points qui

peuvent poser problème typographiquement parlant, il me semble que vous

devez gagner du temps par rapport à la récupération brute d’un texte au

kilomètre.

Personnellement, je considère que LaTeX réussit le tour de force de
pouvoir

fournir une qualité plancher plutôt bonne pour quelqu’un qui se
débrouille

tout seul avec des connaissances de base, en même temps qu’il permet

  • si

un texte est convenablement balisé - une reprise du même texte par

quelqu’un de plus calé en matière de formatage.

Bien à vous,

J.-M. H.

Bonsoir, j’en viens à me demander si, notamment pour vous, un logiciel comme LyX ne serait pas la solution.
Voyez ci-joint un truc fait à la va-vite (d’abord, dans l’éditeur, puis le rendu pdfLaTeX). Vous remarquerez que vous n’avez pas besoin de créer de ligne vide pour obtenir le début d’un nouveau paragraphe.

(désolé pour la qualité pitoyable des copies d’écran, le serveur de la liste gueulant dès qu’on dépasse 97 Ko ; j’en suis d’ailleurs fort étonné, j’ai dans mes archives des mails de cette liste dont la « taille » dépasse les 200 Ko… ; il conviendra sans aucun doute de régler ce problème lorsque la crise sanitaire actuelle sera passée, les valeurs actuelles étant plutôt adaptées à un internet des années 90.)

Le 26 mars 2020 à 19:58, Thomas Savary xyz@xyz.tld a écrit :

Bonjour, Jean-Michel,
Bonjour, la liste,

Un aspect proche du résultat final : eh bien non, justement, pas du tout, et c’est bien à mes yeux le problème. Pour commencer, justement parce que les éditeurs de texte (spécialisés ou non) utilisent une police à chasse fixe. Cela semble pour vous un détail, mais pas pour moi ni la plupart des littéraires, je suppose. On peut évidemment en changer pour une police à empattements, et je ne me suis pas privé de le faire… avant de revenir piteusement à une police à chasse fixe, à cause de la sensation d’étrangeté que j’éprouvais à voir les commandes LaTeX composées en Linux Libertine, en Crimson ou en Athelas, par exemple.
Bien pire toutefois est la nécessité de laisser une ligne de blanc pour changer d’alinéa : le résultat est proprement horrible, surtout dans un dialogue enchaînant les répliques courtes. Dans un livre correctement composé, il y a très peu de lignes de blanc. Ces dernières séparent normalement les paragraphes (qui sont des groupes d’alinéas — voir « Orthotypographie » de Lacroux). Et on n’en voit jamais entre les répliques d’un dialogue, sinon dans certains livres pour moi hideux.

Bonsoir, Éric,
Bonsoir, la liste,

Merci de votre message.

peut-être que des réponses brèves peuvent clarifier le débat? Et une
perspective qui tienne à la fois compte des pratiques des romanciers,
des mathématiciens, des programmeurs et des traducteurs des langues mortes?

Je vais essayer de faire bref, alors, cette fois :slight_smile:

Je reconnais volontiers que choisir LaTeX plutôt qu’un traitement de texte
pour rédiger un texte scientifique est parfaitement justifié. Le gain de
productivité et les facilités offertes compensent ce qu’on perd en esthétisme
durant l’écriture du code source.

Pour un roman ou même un essai (sans trop de réf. croisées), le traitement de
texte l’emporte à mon sens, non seulement pour des raisons esthétiques durant
l’écriture, mais pour des fonctions comme le suivi des modifications,
l’« interfaçage » avec des logiciels d’aide à la rédaction comme Antidote, la
facilité à créer et à charger des feuilles de style, l’absence de la
distraction apportée par des commandes mêlées au texte ou des notes insérées
en plein milieu d’une phrase. On peut même créer des références croisées,
assez laborieusement par rapport à LaTeX, pour le coup, mais ça marche et
Writer2latex les convertit très bien.
Ce n’est pas parce que les trois quarts des utilisateurs de ces logiciels ne
savent pas s’en servir qu’il est impossible de produire un document propre et
structuré avec Writer ou Word : au contraire, c’est même simple, une fois
qu’on a compris le principe. Un utilisateur un peu plus avancé peut aussi
automatiser pas mal de choses avec les macros et les expressions rationnelles
(typo, correction d’erreurs fréquentes…).

Écriture et mise en page sont de toute façon deux phases bien distinctes.
Pourquoi dès lors ne pas envisager des outils différents pour chacune des deux
tâches ? À moins d’être obligé de faire lui-même la mise en pages de son livre
ou bien d’avoir choisi de le faire, un romancier ou un essayiste n’a sans
doute pas grand intérêt à utiliser LaTeX, sinon par goût. Même moi qui
pourtant mets en pages mes propres textes, je préfère de loin utiliser Writer
pour écrire, et je n’ai pas l’impression que cela me fasse perdre du temps.

Après, je conçois qu’on ne soit pas gêné par l’aspect d’un code source dans
une police à chasse fixe, avec des lignes de blanc à tout bout de champ, ou
encore des notes en plein milieu du texte courant ; qu’on n’ait pas besoin de
Prolexis ou d’Antidote, si de toute façon son texte doit faire l’objet d’une
correction professionnelle ; que l’on trouve à juste titre lourdingue le
système de références croisées dans les logiciels de traitement de texte. Tant
mieux pour ceux qui peuvent écrire ainsi.
Mais je crois ce profil rare chez les littéraires. Chez les auteurs avec qui
j’ai pu travailler comme correcteur ou metteur en pages, je peux même dire
qu’il est inexistant, y compris chez les geeks supposés. Mais ce n’est que mon
expérience, soit.

J’ai l’impression que nous apprécions LaTeX car c’est un des meilleurs
outils professionnels pour (au moins) les 4 spécialistes précités. S’il
faut recouper le monde en petits morceaux séparés par une muraille de
Chine (qui me semble plutôt un tigre de papier) en opposant les un/e/s
et les autres, nous n’arriverons qu’à nous désunir.

Même si les besoins d’un littéraire et d’un scientifique ne sont pas les mêmes —
ce qui justement peut justifier le choix d’autres solutions que LaTeX pour
l’écriture —, notre dénominateur commun, il me semble, est la qualité
typographique que nous attendons du PDF obtenu, voire du texte imprimé. Et là,
nous sommes tous d’accord : les programmes de la famille TeX surclassent les
traitements de texte, voire les autres logiciels de PAO (surtout entre les
mains de graphistes peu au fait des usages typographiques).

Pour ma part, le fait que nos programmes sont des logiciels libres est
également un aspect essentiel, et pas seulement parce que je suis fauché — à
l’époque où j’avais des revenus relativement confortables, j’avais déjà
remplacé Windows par GNU-Linux.

Cordialement,

Thomas Savary
1 le Grand-Plessis
F-85340 L’Île-d’Olonne
Tél. Tél. masqué

jeudi 26 mars 2020, à 20:23:50 CET, Eric Guichard a écrit :

Bonsoir,

peut-être que des réponses brèves peuvent clarifier le débat? Et une
perspective qui tienne à la fois compte des pratiques des romanciers,
des mathématiciens, des programmeurs et des traducteurs des langues mortes?

J’ai l’impression que nous apprécions LaTeX car c’est un des meilleurs
outils professionnels pour (au moins) les 4 spécialistes précités. S’il
faut recouper le monde en petits morceaux séparés par une muraille de
Chine (qui me semble plutôt un tigre de papier) en opposant les un/e/s
et les autres, nous n’arriverons qu’à nous désunir.

Bien cordialement et bonne santé à toutes et à tous

Eric

Le 26/03/2020 à 19:58, Thomas Savary a écrit :

Bonjour, Jean-Michel,

Bonjour, la liste,

J’ai quant à moi du mal à suivre votre argumentation. Il me semble

que dans

un texte littéraire, surtout maintenant que pas mal de monde utilise le

codage UTF-8, les textes sources ont un look proche du résultat

final, si

l’on laisse tomber l’espacement proportionnel et la justification à

droite.

Dans un texte vraiment littéraire, certains passages sont en italiques,

quelques mots sont estampillés d’une commande d’index. Quelques

occurrences

d’« emph{…} » ou d’« index{…} », rien de bien méchant… Penser

qu’il n’y a

pas si longtemps, un écrivain tapait son texte avec une machine à

écrire…

Un aspect proche du résultat final : eh bien non, justement, pas du
tout, et c’est bien à mes yeux le problème. Pour commencer, justement
parce que les éditeurs de texte (spécialisés ou non) utilisent une
police à chasse fixe. Cela semble pour vous un détail, mais pas pour
moi ni la plupart des littéraires, je suppose. On peut évidemment en
changer pour une police à empattements, et je ne me suis pas privé de
le faire… avant de revenir piteusement à une police à chasse fixe, à
cause de la sensation d’étrangeté que j’éprouvais à voir les commandes
LaTeX composées en Linux Libertine, en Crimson ou en Athelas, par exemple.

Bien pire toutefois est la nécessité de laisser une ligne de blanc
pour changer d’alinéa : le résultat est proprement horrible, surtout
dans un dialogue enchaînant les répliques courtes. Dans un livre
correctement composé, il y a très peu de lignes de blanc. Ces
dernières séparent normalement les paragraphes (qui sont des groupes
d’alinéas — voir « Orthotypographie » de Lacroux). Et on n’en voit
jamais entre les répliques d’un dialogue, sinon dans certains livres
pour moi hideux.

Un logiciel de traitement de texte n’est pas un programme de PAO,
c’est évident. Mais, encore une fois, pourquoi se priver d’un
affichage agréable, évoquant ce que sera le livre définitif ? Pourquoi
renoncer aux ligatures esthétiques « fi », « ffi », « ff », « fl »,
« ffl », entre autres ? Aux renfoncements d’alinéa ? À la possibilité
de régler l’interlignage en fonction de la hauteur d’x et de la
justification ? Avoir quelque chose de potable sous les yeux
constitue, je trouve, une invitation à écrire. Rien de tel, voire le
contraire pour certaines personnes, avec un éditeur de texte. Si
d’aucuns peuvent faire abstraction de cette mocheté — ou ne la
perçoivent pas —, ce n’est pas mon cas.

Pour un roman, cela dit, vous avez raison, le nombre de commandes dans
le source est faible (du moins avant les multiples interventions pour
régler les problèmes de composition à coups de textls, linebreak,
looseness, mbox, -, ~, etc.). Créer une commande pour les tirets de
dialogue, oui, bien sûr, c’est également ce que je fais, mais quelle
horreur à saisir (et à relire) : c’est bien aussi pour cela que je
préfère écrire dans Writer. Lors de l’export au format TeX, un petit
coup de sed remplace les tirets de dialogue par ma commande.

Ne parlons pas des notes, un cauchemar. Rares dans la grande majorité
des romans, sans doute, mais pouvant être fréquentes dans les
traductions (les fameuses NDT). Et puis, l’édition littéraire, ce sont
aussi des biographies, des essais, avec foison de notes de bas de
page, index, bibliographie.

Penser qu’il n’y a

pas si longtemps, un écrivain tapait son texte avec une machine à

écrire…

Il y a encore moins longtemps, trente-cinq ans tout de même,
j’écrivais, gamin, mes premières nouvelles avec le programme Epistole
sur Apple IIc, à l’écran monochrome de 9 pouces. Et je suis bien
content aujourd’hui d’écrire ce message avec un 27 pouces en millions
de couleurs. Nulle envie de revenir en arrière en écrivant mon bouquin
dans Kate ou dans Kile, encore moins dans Vim !

Le confort d’écriture dans un logiciel de traitement de texte comme
Writer, hautement personnalisable qui plus est (menus, raccourcis,
icônes, barres d’outils), est à mon sens infiniment supérieur à celui
d’un éditeur de texte, même aussi configurable que Kile, par exemple.

mais si je vous donne un texte déjà balisé aux points qui

peuvent poser problème typographiquement parlant, il me semble que vous

devez gagner du temps par rapport à la récupération brute d’un texte au

kilomètre.

La récupération n’est pas brute, justement. J’utilise Writer2latex en
ligne de commande pour exporter les fichiers ODT au format TeX : ainsi
récupéré-je niveaux de titre, notes, italiques, gras, petites
capitales, indices, exposants, espaces insécables sans rien avoir à
faire. Mon script Bash toilette alors le résultat (parce que
Writer2latex n’est pas parfait, et pour ajouter quelques commandes
comme celle du tiret de dialogue, qui me sert avant tout à paramétrer
l’espace qui suit, plus ou moins étroite en fonction du goût de
l’éditeur, l’essentiel étant que sa chasse soit fixe), tronçonne le
source TeX en autant de fichiers que de chapitres, crée un projet à
partir du gabarit indiqué, insère dans le préambule et mon fichier de
définition de commandes les informations préalablement renseignées
dans un tableau ODS, ajoute les include nécessaires et lance deux ou
trois compilations en PDF. Voilà quelques semaines, j’ai ainsi fait la
démonstration devant des étudiants que l’on pouvait pondre en moins
d’une minute un premier jet complet en PDF d’un roman de 320 pages,
avec lettrines (moches avant le repositionnement manuel requis pour
certaines d’entre elles — mais c’est parce que je n’ai pas eu le
courage encore d’automatiser cela, car c’est un travail à faire police
par police), table des matières et mentions légales (ISBN, éditeur,
année, dépôt légal, nom des contributeurs, etc.).

Les problèmes typo, on ne les voit que dans le PDF : veuves,
orphelines, mots coupés en bas de page *, lignes lavées, superposition
de mots identiques ou homographes sur plusieurs lignes consécutives,
note de bas de page sur deux pages (à éviter quand on peut), dernière
page d’un chapitre comportant moins de cinq lignes, etc. Tant que la
maquette est susceptible de bouger, on ne traite surtout pas ces
problèmes, ce qui serait au mieux inutile, au pire dangereux.

  • Je sais que TeX peut traiter ces problèmes automatiquement, mais la
    solution appliquée est inadmissible en typo soignée : chasser la ligne
    problématique à la page suivante, soit réduire le nombre de lignes
    d’une page pleine. On a pendu des imprimeurs pour moins que ça :slight_smile:
    Blague à part, et là c’est authentique, André Gide a refusé de voir
    paraître « les Nourritures terrestres » (de mémoire) précisément pour
    cette raison, obligeant l’atelier de composition à tout reprendre au
    début. Et il avait bien raison.

Pardon pour la lourdeur de mon style et toutes ces parenthèses. Je ne
m’en rendais pas compte en écrivant, et je n’ai pas le courage de tout
reprendre.

Cordialement,

Thomas Savary

1 le Grand-Plessis

F-85340 L’Île-d’Olonne

Tél. Tél. masqué

https://correctionpro.fr/

https://compo85.fr/

mercredi 25 mars 2020, à 18:53:56 CET, xyz@xyz.tld a écrit :

19 mars 2020 11:36 « Thomas Savary » <xyz@xyz.tld

(mailto:xyz@xyz.tld?to=%22Thomas%20Savary%22%20<compo85@corre
c

tionpro.fr>)> a écrit: Bonjour, Corentin,

J’ai du mal à comprendre votre réaction. Si je recommande les

traitements

de de texte, c’est dans une logique de séparation des tâches :
l’écriture

d’un côté, la mise en pages de l’autre. La question posée par Laurent

portait sur l’écriture d’un livre. Je maintiens que les logiciels de

traitement de texte sont de meilleurs outils, pour écrire des textes non

scientifiques, que Latex, et bien plus agréables de surcroît.

(…)

Bonsoir à tous,

Désolé pour le retard à l’allumage, mais je fus occupé à pas mal

d’autres

tâches depuis le week-end dernier…

J’ai quant à moi du mal à suivre votre argumentation. Il me semble

que dans

un texte littéraire, surtout maintenant que pas mal de monde utilise le

codage UTF-8, les textes sources ont un look proche du résultat

final, si

l’on laisse tomber l’espacement proportionnel et la justification à

droite.

Dans un texte vraiment littéraire, certains passages sont en italiques,

quelques mots sont estampillés d’une commande d’index. Quelques

occurrences

d’« emph{…} » ou d’« index{…} », rien de bien méchant… Penser

qu’il n’y a

pas si longtemps, un écrivain tapait son texte avec une machine à

écrire…

Que LaTeX & Cie ne soient pas interfacés avec des correcteurs

orthographiques puissants ou avec des détecteurs de répétition, on

peut le

déplorer - ou considérer qu’il y a là quelques pistes à explorer.

Mais vous

savez aussi bien que moi que ces outils d’aide ne remplacent pas le

talent.

Pour quelqu’un qui cherche à écrire un roman, l’intérêt de LaTeX, à mon

avis, est de pouvoir fournir quelque chose d’adaptable. Un cas très

simple

: s’il y a beaucoup de répliques, on peut se poser la question

d’utiliser

des titres moyens ou longs. On peut se demander aussi comment indiquer

qu’un alinéa est la suite d’une réplique :

mydash Vous êtes un fat personnage; Monsieur.

mydash Mes témoins attendront les vôtres, Monsieur.

more Puisque vous semblez las de vivre, Monsieur.

… et ainsi que le montre l’exemple précédent, on peut définir des

commandes dont la réalisation peut être révisée voire améliorée à tout

moment. Je suis moins calé que vous en typographie, je n’en doute pas un

seul instant, mais si je vous donne un texte déjà balisé aux points qui

peuvent poser problème typographiquement parlant, il me semble que vous

devez gagner du temps par rapport à la récupération brute d’un texte au

kilomètre.

Personnellement, je considère que LaTeX réussit le tour de force de

pouvoir

fournir une qualité plancher plutôt bonne pour quelqu’un qui se

débrouille

tout seul avec des connaissances de base, en même temps qu’il permet

  • si

un texte est convenablement balisé - une reprise du même texte par

quelqu’un de plus calé en matière de formatage.

Bien à vous,

J.-M. H.

Bonsoir, Quark67,
Bonsoir, la liste,

Merci pour cette suggestion. Effectivement, LyX, pour l’écriture, apporte un
confort à mes yeux bien supérieur à celui d’un éditeur de texte classique. Je
m’en servais les premières semaines de mon exploration du monde de TeX.
On peut configurer l’éditeur pour en changer la police de labeur, par exemple,
ce qui est très appréciable.

J’ai pourtant fini par le laisser tomber essentiellement parce que je finissais
par introduire tellement de commandes pour régler les problèmes typo que cela
n’avait plus grand-sens de continuer à vouloir échapper au code source pur et
dur — et je ne le regrette pas, car travailler le source directement permet
d’automatiser énormément de choses en amont et puis oblige à apprendre
vraiment ce que l’on fait. L’autre raison, c’est que la position de LyX,
intermédiaire entre le traitement de texte et LaTeX n’est pas facile à tenir ;
il associe certaines qualités des premiers et du second, mais au prix d’un
côté comme de l’autre d’un renoncement à certains de leurs atouts respectifs.
Pas de Grammalecte ou d’interface avec Antidote pour LyX, par exemple. De
mémoire, pas de suivi des modifications non plus (mais je fais peut-être
erreur).

Encore une fois, en l’absence des besoins qui sont ceux des textes
scientifiques, je ne vois pas mieux qu’un traitement de texte pour écrire.

Mais je trouve très bien qu’un programme comme LyX existe : un peu trop limité
pour la mise en pages soignée d’un gros livre — sauf à finir le travail dans un
éditeur de texte classique, à partir du source produit par LyX —, mais parfait
pour un article ou un courrier. Et puis il peut aussi servir d’introduction au
monde de TeX pour les timides. Certains s’en tiendront à LyX, d’autres
voudront aller plus loin.

Cordialement,^

Thomas Savary
1 le Grand-Plessis
F-85340 L’Île-d’Olonne
Tél. Tél. masqué

jeudi 26 mars 2020, à 21:24:33 CET, quark67 a écrit :

Bonsoir, j’en viens à me demander si, notamment pour vous, un logiciel comme
LyX ne serait pas la solution. Voyez ci-joint un truc fait à la va-vite
(d’abord, dans l’éditeur, puis le rendu pdfLaTeX). Vous remarquerez que
vous n’avez pas besoin de créer de ligne vide pour obtenir le début d’un
nouveau paragraphe.

(désolé pour la qualité pitoyable des copies d’écran, le serveur de la liste
gueulant dès qu’on dépasse 97 Ko ; j’en suis d’ailleurs fort étonné, j’ai
dans mes archives des mails de cette liste dont la « taille » dépasse les
200 Ko… ; il conviendra sans aucun doute de régler ce problème lorsque la
crise sanitaire actuelle sera passée, les valeurs actuelles étant plutôt
adaptées à un internet des années 90.)

Le 26 mars 2020 à 19:58, Thomas Savary xyz@xyz.tld a écrit
:

Bonjour, Jean-Michel,
Bonjour, la liste,

Un aspect proche du résultat final : eh bien non, justement, pas du tout,
et c’est bien à mes yeux le problème. Pour commencer, justement parce que
les éditeurs de texte (spécialisés ou non) utilisent une police à chasse
fixe. Cela semble pour vous un détail, mais pas pour moi ni la plupart
des littéraires, je suppose. On peut évidemment en changer pour une
police à empattements, et je ne me suis pas privé de le faire… avant de
revenir piteusement à une police à chasse fixe, à cause de la sensation
d’étrangeté que j’éprouvais à voir les commandes LaTeX composées en Linux
Libertine, en Crimson ou en Athelas, par exemple. Bien pire toutefois est
la nécessité de laisser une ligne de blanc pour changer d’alinéa : le
résultat est proprement horrible, surtout dans un dialogue enchaînant les
répliques courtes. Dans un livre correctement composé, il y a très peu de
lignes de blanc. Ces dernières séparent normalement les paragraphes (qui
sont des groupes d’alinéas — voir « Orthotypographie » de Lacroux). Et on
n’en voit jamais entre les répliques d’un dialogue, sinon dans certains
livres pour moi hideux.