Question peut-être discutable

Bonsoir,

Voil un sujet intressant ! Et puisqu’on ne se limite pas LaTeX,
beaucoup de choses sont possibles. Voici un petit partage d’exprience

Cela dit, avant de rpondre, il me semble intressant de poser quatre
questions liminaires

  • Premire question : quel type de livre ?
    S’agit-il de littrature, c’est–dire de texte au kilomtre ou bien de
    quelque chose de plus spcifique qui va demander des sectionnements, des
    index et tout le fourbis de la littrature technique (des rfrences
    croises, des illustrations, des lgendes…)

S’agit-il d’un livre gnraliste (genre littrature) ou bien de quelque
chose de plus technique (mode d’emploi, scnario) ? Faut-il prvoir des
remplois ventuels ?

Et aussi : quel volume ? Jusqu’ 50.000 mots, c’est grable dans un seul
fichier. Au dessus il est souvent plus souple de fragmenter. Plus il
s’agira de texte au kilomtre, moins le logiciel et le format importeront.

  • Deuxime question : qui fera la mise en page ? Et avec quelle solution ?
    La plupart des diteurs demandent “du Word” non pas parce qui’ils n’y
    connaissent que pouic mais parce que c’est leur zone de confort et que
    leur logiciel de mise en page importe du .doc ou du .docx peu prs
    correctement, ce qui leur permet de bricoler ensuite pour faire entrer
    tout plus ou moins dans leur feuille de style.

  • Troisime question : quel OS ?
    Il y a des solutions assez “universelles” (Emacs, vim) et d’autres plus
    spcifiques (Pages, Word).

  • Quatrime question : combien d’auteurs ?
    Un auteur unique ? Plusieurs ? Quel sera le niveau de collaboration ?

Maintenant, avant d’aborder la question du logiciel proprement dit, il
faut aborder celle, connexe, de l’environnement de travail. Deux en
particulier, me semble importantes

  • Quel format de texte ?
    Le bon vieux format texte (.txt) est possible mais manque souvent de
    souplesse

Markdown (.md) me semble marier simplicit et souplesse. Sa syntaxe est
facile retenir et il constitue un bon format “pivot” partir duquel
on peut gnrer pas mal de choses

Les formats de traitement de texte courant (.doc, .docx voire .odt et
autres) ont l’avantage d’tre connus…

  • Quel environnement gnral ?
    crire un livre va demander de passer des heures derrire l’cran. Donc
    autant choisir un “environnement logiciel” adapt ce qu’on cherche.
    Je pense qu’il n’est pas inutile de se pencher sur la fonte de
    caractres (mme pour un diteur de textes non WYSIWYG). Aprs de trs
    nombreux essais, j’utilise couramment IBM Plex Mono, Adobe Source Sans
    ou Gentium ou aussi ITC Stone Serif, ITC Stone Sans et quelques autres
    y compris le bon vieux courrier qui est parfois trs pratique.

De faon assez tonnate, je trouve qu’il est trs reposant d’crire avec
une fonte de caractres monospace… mais c’est certainement une
question de gots.

La question du “color scheme” peut galement tre pose. Je trouve
intressant d’utiliser Solarized light.. depuis quelques temps la mode
est aux thmes foncs. Dans cette catgorie on trouve Solarized Dark
mais j’aime bien Dracula et le joli thme 1989 pour Vim

  • Le matriel

Il faut un bon cran, a me semble une vidence. Il faut galement un
bon clavier. C’est en grande partie pour cela que j’ai choisi un
Thinkpad comme ordinateur portable.

Pour mon ordi de bureau, j’ai pris un clavier mcanique avec des avec
touches Cherry Brown ( on trouve des quivalents). J’ai test les bleues
qui sont plus fatigantes (et plus bruyantes) et les red (que je trouve
trop lgres).

Bien, ceci tant dit et au vu de toutes les options possibles, rpondre
simplement la question initiale n’est pas vident… mais voici
quelques pistes, que je me permets d’agrmenter d’anecdotes issues de ma
petite exprience en la matire :

1- Un traitement de texte WYSIWYG

C’est con, d’accord, mais c’est facile matriser et a ne fait peur
personne… de Word Pages en passant par LibreOffice et quelques
autres, l’offre ne manque pas. Sur maOS, je ne peux que conseiller Nisus
Writer avec lequel j’ai crit quelques livres. Le soft est dit par une
PME et ils sont trs ractifs.

Quand on utilise un traitement de texte de ce type, l’important – mes
yeux – est d’viter les mises en formes " la main" et de privilgier
l’utilisation de feuilles de styles. J’ai remarqu que a permet
d’viter pas mal de problmes.

2- Un diteur de texte gnraliste

Vim ou Emacs bien entendu… mais aussi Atom qui est un diteur trs
puissant. Tant qu’on y est, BBEdit fera trs bien le job sur macOS (et
en plus l’diteur est hyper sympa) Sur macOS on trouvera galement iA
Writer dont la puissance rside dans le dpouillement. Dans le mme
esprit (et multiplateformes), il y a Typora.

Actuellement j’utilise Atom, qui dispose de nombreux packages qui
peuvent tre utiles (dont l’excellent zen). C’est la solution que j’ai
utilise pour mes deux derniers bouquins et franchement c’est suffisant,
au moins pour la phase de saisie au kilomtre durant laquelle j’apprcie
d’avoir un cran “vide”.

3- Un diteur de texte spcialis

Il existe des solutions qui permettent de grer la cration de livres en
mode projet : c’est le domaine de solutions comme Scrivener, ou Ulysses
ou Celtx et Final Draft (ces deux logiciels tant spcialis dans la
cration de scnarios)

Ces solutions peuvent tre pratiques mais souvent on finit par se perdre
dans tout un fatras de textes…

4- Un logiciel de prise de notes

Et aprs tout, pourquoi pas ! ? C’est une variante – simplifie – de
la solution ci-dessus. une certaine poque j’avais utilis Evernote
qui donne des rsultats intressants. OneNote est galement possible
(mais il peut tre difficile d’entrer dans l’interface)

5- Un solution collaborative

  • Github (ou autre solution quivalente) : videmment, pour crire du
    texte a peut surprendre mais pourtant Github est prcisment conu pour
    le travail collaboratif et la gestion de versions. Cette solution
    demande un petit apprentissage mais c’est le top (et en plus Atom est
    conu pour fonctionner avec Github…). Franchement, pour l’avoir test,
    le jeu en vaut la chandelle.

  • Google Docs (ou autre solution quivalente) : d’un point de vue
    fonctionnel, c’est une vritable horreur mais du point de vue travail
    collaboratif, c’est franchement bien. a permet de grer les versions
    et les suggestions.

J’ai certainement oubli plein de choses mais c’est un dbut…

A bientt sur la frquence
F

On 18/03/2020 23:12, Laurent Bloch wrote:

Bonsoir,

Voil ma question, dont la mention sur cette liste peut tre conteste,
j’en conviens, mais aussi c’est ici que je risque de trouver les gens
susceptibles d’avoir de bonnes rponses.

Je dois conseiller un logiciel quelqu’un qui souhaite crire un livre.
Du texte, ventuellement des illustrations ou graphiques, pas de maths.
Voici quoi je pense :

  • Word et ses clones : trop moche, c’est ce que je cherche carter ;
  • LaTeX : courbe d’apprentissage hors de porte ;
  • Scribus : bien trop compliqu, pour des choses dont l’intresse n’a
    aucun usage ;
  • reste AsciiDoctor → PDF.

Voyez-vous autre chose ?

Bonne auto-quarantaine !

Merci à tous pour vos réponses. Markdown me semble le choix le plus
raisonnable dans le cas envisagé (texte au kilomètre), réussirai-je
à convaincre ? La suite au prochain épisode.

Bonne journée !

Le Thu, 19 Mar 2020 01:09:06 +0000,
Francois Druel xyz@xyz.tld a écrit :

Bonsoir,

Voilà un sujet intéressant ! Et puisqu’on ne se limite pas à LaTeX,
beaucoup de choses sont possibles. Voici un petit partage d’expérience

Cela dit, avant de répondre, il me semble intéressant de poser quatre
questions liminaires

  • Première question : quel type de livre ?
    S’agit-il de littérature, c’est-à-dire de texte au kilomètre ou bien
    de quelque chose de plus spécifique qui va demander des
    sectionnements, des index et tout le fourbis de la littérature
    technique (des références croisées, des illustrations, des
    légendes…)

S’agit-il d’un livre généraliste (genre littérature) ou bien de
quelque chose de plus technique (mode d’emploi, scénario) ? Faut-il
prévoir des réemplois éventuels ?

Et aussi : quel volume ? Jusqu’à 50.000 mots, c’est gérable dans un
seul fichier. Au dessus il est souvent plus souple de fragmenter.
Plus il s’agira de texte au kilomètre, moins le logiciel et le format
importeront.

  • Deuxième question : qui fera la mise en page ? Et avec quelle
    solution ? La plupart des éditeurs demandent “du Word” non pas parce
    qui’ils n’y connaissent que pouic mais parce que c’est leur zone de
    confort et que leur logiciel de mise en page importe du .doc ou
    du .docx à peu près correctement, ce qui leur permet de bricoler
    ensuite pour faire entrer tout plus ou moins dans leur feuille de
    style.

  • Troisième question : quel OS ?
    Il y a des solutions assez “universelles” (Emacs, vim) et d’autres
    plus spécifiques (Pages, Word).

  • Quatrième question : combien d’auteurs ?
    Un auteur unique ? Plusieurs ? Quel sera le niveau de collaboration ?

Maintenant, avant d’aborder la question du logiciel proprement dit, il
faut aborder celle, connexe, de l’environnement de travail. Deux en
particulier, me semble importantes

  • Quel format de texte ?
    Le bon vieux format texte (.txt) est possible mais manque souvent de
    souplesse

Markdown (.md) me semble marier simplicité et souplesse. Sa syntaxe
est facile à retenir et il constitue un bon format “pivot” à partir
duquel on peut générer pas mal de choses

Les formats de traitement de texte courant (.doc, .docx voire .odt et
autres) ont l’avantage d’être connus…

  • Quel environnement général ?
    Écrire un livre va demander de passer des heures derrière l’écran.
    Donc autant choisir un “environnement logiciel” adapté à ce qu’on
    cherche. Je pense qu’il n’est pas inutile de se pencher sur la fonte
    de caractères (même pour un éditeur de textes non WYSIWYG). Après de
    très nombreux essais, j’utilise couramment IBM Plex Mono, Adobe
    Source Sans ou Gentium ou aussi ITC Stone Serif, ITC Stone Sans et
    quelques autres y compris le bon vieux courrier qui est parfois très
    pratique.

De façon assez étonnate, je trouve qu’il est très reposant d’écrire
avec une fonte de caractères monospace… mais c’est certainement une
question de goûts.

La question du “color scheme” peut également être posée. Je trouve
intéressant d’utiliser Solarized light.. depuis quelques temps la mode
est aux thèmes foncés. Dans cette catégorie on trouve Solarized Dark
mais j’aime bien Dracula et le joli thème 1989 pour Vim

  • Le matériel

Il faut un bon écran, ça me semble une évidence. Il faut également un
bon clavier. C’est en grande partie pour cela que j’ai choisi un
Thinkpad comme ordinateur portable.

Pour mon ordi de bureau, j’ai pris un clavier mécanique avec des avec
touches Cherry Brown ( on trouve des équivalents). J’ai testé les
bleues qui sont plus fatigantes (et plus bruyantes) et les red (que
je trouve trop légères).

Bien, ceci étant dit et au vu de toutes les options possibles,
répondre simplement à la question initiale n’est pas évident… mais
voici quelques pistes, que je me permets d’agrémenter d’anecdotes
issues de ma petite expérience en la matière :

1- Un traitement de texte WYSIWYG

C’est con, d’accord, mais c’est facile à maîtriser et ça ne fait peur
à personne… de Word à Pages en passant par LibreOffice et quelques
autres, l’offre ne manque pas. Sur maOS, je ne peux que conseiller
Nisus Writer avec lequel j’ai écrit quelques livres. Le soft est
édité par une PME et ils sont très réactifs.

Quand on utilise un traitement de texte de ce type, l’important – à
mes yeux – est d’éviter les mises en formes “à la main” et de
privilégier l’utilisation de feuilles de styles. J’ai remarqué que ça
permet d’éviter pas mal de problèmes.

2- Un éditeur de texte généraliste

Vim ou Emacs bien entendu… mais aussi Atom qui est un éditeur très
puissant. Tant qu’on y est, BBEdit fera très bien le job sur macOS (et
en plus l’éditeur est hyper sympa) Sur macOS on trouvera également iA
Writer dont la puissance réside dans le dépouillement. Dans le même
esprit (et multiplateformes), il y a Typora.

Actuellement j’utilise Atom, qui dispose de nombreux packages qui
peuvent être utiles (dont l’excellent zen). C’est la solution que j’ai
utilisée pour mes deux derniers bouquins et franchement c’est
suffisant, au moins pour la phase de saisie au kilomètre durant
laquelle j’apprécie d’avoir un écran “vide”.

3- Un éditeur de texte spécialisé

Il existe des solutions qui permettent de gérer la création de livres
en mode projet : c’est le domaine de solutions comme Scrivener, ou
Ulysses ou Celtx et Final Draft (ces deux logiciels étant spécialisé
dans la création de scénarios)

Ces solutions peuvent être pratiques mais souvent on finit par se
perdre dans tout un fatras de textes…

4- Un logiciel de prise de notes

Et après tout, pourquoi pas ! ? C’est une variante – simplifiée –
de la solution ci-dessus. À une certaine époque j’avais utilisé
Evernote qui donne des résultats intéressants. OneNote est également
possible (mais il peut être difficile d’entrer dans l’interface)

5- Un solution collaborative

  • Github (ou autre solution équivalente) : évidemment, pour écrire du
    texte ça peut surprendre mais pourtant Github est précisément conçu
    pour le travail collaboratif et la gestion de versions. Cette solution
    demande un petit apprentissage mais c’est le top (et en plus Atom est
    conçu pour fonctionner avec Github…). Franchement, pour l’avoir
    testé, le jeu en vaut la chandelle.

  • Google Docs (ou autre solution équivalente) : d’un point de vue
    fonctionnel, c’est une véritable horreur mais du point de vue travail
    collaboratif, c’est franchement bien. ça permet de gérer les versions
    et les suggestions.

J’ai certainement oublié plein de choses mais c’est un début…

A bientôt sur la fréquence
F

On 18/03/2020 23:12, Laurent Bloch wrote:

Bonsoir,

Voilà ma question, dont la mention sur cette liste peut être
contestée, j’en conviens, mais aussi c’est ici que je risque de
trouver les gens susceptibles d’avoir de bonnes réponses.

Je dois conseiller un logiciel à quelqu’un qui souhaite écrire un
livre. Du texte, éventuellement des illustrations ou graphiques,
pas de maths. Voici à quoi je pense :

  • Word et ses clones : trop moche, c’est ce que je cherche à
    écarter ;
  • LaTeX : courbe d’apprentissage hors de portée ;
  • Scribus : bien trop compliqué, pour des choses dont l’intéressée
    n’a aucun usage ;
  • reste AsciiDoctor → PDF.

Voyez-vous autre chose ?

Bonne auto-quarantaine !


Laurent Bloch - https://www.laurentbloch.net - xyz@xyz.tld
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(A. Lincoln)