Bonjour, la liste !
Le « samedi prévu pour TeX » que j’évoquais est celui dont me parlait Éric
Guichard lundi dernier, et c’est en fait le même. Je pense dès lors pouvoir
m’organiser pour être présent à l’AG, même si j’avoue que le dimanche
m’arrangerait — pourquoi ne pense-t-on jamais aux gens qui travaillent le
samedi ? 
D’ici là, j’aurai adhéré. Même si je ne roule pas sur l’or, c’est le moins
qu’on puisse dire, je présente mes excuses à l’association, car j’aurais dû le
faire bien plus tôt. J’attends pour le faire l’acompte promis par une cliente
pour un gros travail — hélas, travail d’écriture et non de mise en pages.
Les abonnés de longue date de la liste se rappellent peut-être l’article que
j’ai écrit voilà deux ans, « Mettre en pages un roman avec la famille TeX ? » —
c’est d’ailleurs cet article qui m’a valu de faire la connaissance d’Éric
Guichard et, de fil en aiguille, d’être invité par lui à l’ENSSIB à faire une
intervention de trois heures devant ses étudiants : « LaTeX, ou le choix de
la qualité au service de l’édition littéraire ».
Je rappelle brièvement les circonstances de la genèse de cet article. Après
avoir prospecté auprès de plus d’une centaine d’ateliers de composition,
d’éditeurs et de quelques imprimeurs, j’ai constaté à quel point non seulement
le marché de la PAO était encombré, mais surtout à quelle vitesse se
refermaient les rares portes que l’on m’avait brièvement ouvertes lorsque
j’expliquais que je n’utilisais pas InDesign, ni même XPress. Parce
qu’InDesign est devenu le Windows de la PAO, parce que les programmes de la
famille TeX sont presque totalement inconnus de l’édition littéraire, jamais ma
candidature n’a été prise au sérieux. J’avais contacté la revue « Livres
Hebdo » (seule revue française destinée aux professionnels du livre, éditée
par Électre, filiale du Cercle de la Librairie, éditeur notamment du magnifique
« Effet Gutenberg » de Fernand Baudin) pour les inviter à écrire un article,
voire à réaliser un dossier qui aurait présenté TeX et compagnie. La
rédactrice en chef adjointe était intéressée, mais c’est le rédacteur en chef
qui a refusé le sujet, le jugeant trop technique… Las !
La présentation synthétique que j’avais rédigée pour les journalistes de
« Livres Hebdo » est devenu l’article que j’ai mis en ligne.
En dehors sans doute de l’édition scientifique (sciences dures), la situation
pour la famille TeX me semble pire que jamais en France. Des éditions
universitaires comme les PUR n’y ont plus recours, sinon pour la saisie de
quelques formules. Des confrères qui ont pu utiliser LaTeX pour des livres
noirs (romans, essais…) ou des manuels scolaires ont cessé de le faire pour
changer de métier ou se reconvertir dans InDesign.
De mon côté, après trois livres, j’ai perdu mon seul client éditeur pour
l’unique raison que leur partenaire américain pour la traduction et la
diffusion de ses ouvrages exigeait de pouvoir travailler à partir de maquettes
InDesign.
Histoire de changer de stratégie pour ma prospection, je me suis finalement
inscrit sur diverses plates-formes (Malt, Graphiste.com, Les Bons Freelances,
YOSS, l’incontournable LinkedIn). Sur Graphiste.com, dans la liste des
logiciels maîtrisés à sélectionner dans une liste, ô « surprise » ! TeX, LaTeX
ou ConTeXt n’apparaissent même pas : le renseignement de cette information
étant obligatoire pour créer un compte, j’ai dû mentir en prétendant maîtriser
GIMP — ma « maîtrise » se limitant grosso modo à savoir retourner, recadrer et
exporter une image (encore une chance que GIMP fût mentionné) ! J’ai contacté
les équipes du site pour leur suggérer d’ajouter LaTeX et Scribus. Elles ont
accusé réception, mais six mois plus tard, toujours rien…
Au passage, je trouve aberrant que la composition (voire l’empagement des
livres noirs) soit désormais confiée à des graphistes. Demander à la même
personne la conception d’une affiche publicitaire, d’une carte de visite ou d’un
roman de Fred Vargas ? On voit le résultat pour la pauvre autrice… « Pardonne-
leur, Seigneur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »
Je sens certes un frémissement depuis quelques années, un regain d’attention et
d’intérêt pour la typographie dans le monde des graphistes, mais c’est que
l’on revient de très, très loin… Les « livres moches à la française » dont
parle Olivier Bessard-Banquy restent hélas très nombreux.
On les doit à des graphistes à l’évidence dépourvus d’à peu près toute culture
typographique. Des autodidactes insuffisamment curieux ou n’ayant pas eu assez
de temps pour se former ? Peut-être. Mais lorsqu’on voit la qualité de
certains cours de typographie en ligne, on peut douter de la qualité de la
formation de plusieurs écoles de graphisme.
Même des éditeurs comme Allia réputés pour le soin qu’ils apporteraient à la
composition de leurs ouvrages laissent paraître des ouvrages dégueulasses (les
poches Allia parfois, tudieu !) ou présentant quelques regrettables négligences
(Monsieur Toussaint Louverture).
Je suis convaincu que la qualité des ouvrages édités en France s’améliorerait
rapidement si se répandait l’usage des programmes de la famille TeX. J’ai fait
la démonstration, cette semaine à l’ENSSIB, que l’on pouvait en 55 secondes
torcher un Blanche de Gallimard de 300 pages à la maquette prédéfinie, grâce au
script que j’ai programmé et amélioré au fils des mois — et sur un portable de
dix ans, et avec LuaTeX, notablement plus lent que pdfTeX ou XeTeX. Une
journée de travail suffit à l’obtention d’une qualité au moins égale à ce que
propose Allia, et trois jours pour un résultat proche de la perfection. C’est
la raison première pour laquelle je refuse de jeter l’éponge en me mettant à
InDesign ou en cessant mon activité.
À l’ère de l’édition numérique sur de multiples supports, le WYSIWYG
m’apparaît en outre inadapté. Je pense que ce n’est pas un hasard si, en
dehors de la famille TeX, on constate aujourd’hui un regain d’intérêt pour les
langages de mise en pages et de composition avec le retour de ROFF, la
création de SILE ou de Patoline. ConTeXt, de son côté, soigne depuis longtemps
ses rapports avec le XML.
Je reste convaincu que la PAO en mode texte a de l’avenir. Bref, tout cela
pour dire que je trouverais regrettable que l’association fût dissoute.
De mon côté, je m’engage à œuvrer pour la diffusion des programmes et langages
de la famille TeX.
Grâce à mes échanges avec Éric Guichard a fini par germer en moi le projet d’un
ouvrage consacré à nos logiciels, à destination de l’édition purement
littéraire. Il s’adresserait plus particulièrement aux personnes préparant le
lancement d’une nouvelle maison d’édition ou insatisfaites des solutions
techniques adoptées jusqu’à présent, ainsi qu’aux maquettistes, débutants ou
non, à la recherche de solutions optimales pour la conception de romans,
d’essais, de recueils de nouvelles, de pièces de théâtre, d’éditions bilingues
ou critiques.
L’ouvrage en question entendrait non seulement contribuer à faire connaître
nos programmes, mais à fournir toutes les connaissances théoriques et
pratiques nécessaires. À la fois un cours élémentaire de typographie et un
manuel technique, donc. Je prévois d’aborder à peu près à part égale LaTeX et
ConTeXt. Vu que je viens de débuter l’apprentissage de ce dernier, j’aurai
certainement besoin d’un coup de main.
Écrire est une chose ; être publié, une autre. Qui plus est, la famille TeX
part de si bas dans l’édition littéraire qu’il me paraît indispensable de
penser très en amont à une stratégie de communication, en y incluant des
personnes bien placées susceptibles de faire connaître l’ouvrage, par exemple
à l’occasion du lancement d’une polémique sur la piètre qualité typographique
d’une grande partie des ouvrages publiés en France.
Je ne fais pas cela pour l’argent, mais pour apporter ma pierre à l’édifice. Si
l’ouvrage voit le jour, je suis même favorable, surtout si me rejoignent
divers contributeurs, à ce que les « droits d’auteur » soient versés à GUT,
au CTAN ou à TeXLive, par exemple.
Cordialement,
Thomas Savary
1 le Grand-Plessis
F-85340 L’Île-d’Olonne
Tél. Tél. masqué
jeudi 30 janvier 2020, à 01:00:53 CET, Thomas Savary a écrit :
Bonsoir, Daniel,
Bonsoir à tous,
Je n’ai pas encore adhéré, mais je compte le faire, par principe, dans les
semaines qui suivent, que l’association continue ou non.
J’aimerais assister à l’AG, mais le samedi est très difficile pour moi : je
travaille (plus que les autres jours, même), et j’ai déjà un samedi prévu
pour TeX en mai — deux samedi assez rapprochés, mes collègues me tueraient.
Si ça ne dérange pas trop les autres, un dimanche serait-il envisageable ?
Cordialement,
Thomas Savary
1 le Grand-Plessis
F-85340 L’Île-d’Olonne
Tél. Tél. masqué
https://compo85.fr/
mercredi 29 janvier 2020, à 20:04:18 CET, Daniel Flipo a écrit :
Bonsoir à toutes et à tous,
Comme vous avez pu le constater l’association GUTenberg est moribonde :
le mandat du dernier CA élu a expiré en 2017 sans qu’aucune AG n’ait été
convoquée depuis 2013, il n’y a plus que 13 adhérents en 2018 et 10 en
2019.
Loin de blâmer quiconque, nous pensons qu’il est urgent de clarifier la
situation : s’il y a encore des gens suffisamment motivés et disponibles
pour relancer l’association, il faut définir ensemble quels pourraient
être les services à proposer et surtout qui s’en chargerait.
Sinon le mieux serait de dissoudre proprement l’association, de
rembourser les adhérents ayant souscrit des prestations non fournies
(Cahiers, TUGboat) et de verser le reliquat des fonds à CTAN ou à
TeXLive par exemple.
Nous vous invitons donc à participer à une AG sur le thème «Relance ou
dissolution de GUT» qui se tiendra à Paris, probablement dans la seconde
quinzaine de mars (date à préciser, nous pensons au samedi 28).
Pour adhérer en ligne :
https://www.gutenberg.eu.org/Adherer-a-l-association
D’ici-là, vos questions et suggestions sont les bienvenues.
Bien cordialement,
– Les signataires
Jacques André, élu au CA 1988-2007, adhérent 2020
Patrick Bideault, membre coopté du CA
Denis Bitouzé, élu au CA 2010-2014, adhérent 2020
Thierry Bouche, élu au CA 1997-2017
Michel Bovani, élu au CA 1999-2003, adhérent 2020
Maxime Chupin, élu au CA 2009-2017
Daniel Flipo, élu au CA 1993-2005, adhérent 2020
Yvon Henel, élu au CA 2009-2017